Mongolie

Nos nuits chez l’habitant en Mongolie

Comment vit on dans la steppe au 21ème siècles? Y a t il de l’électricité ? Ou encore des douches? Comment survivent les nomades au sein de ces grands espaces naturels, loin de toute civilisation? En choisissant de partir en Mongolie, nous voulions impérativement un parcours qui proposait des nuits chez l’habitant pour ainsi mieux comprendre leur mode de vie. Au cours de notre aventure, nous avons donc passé un total de 9 nuits chez différentes familles et notre avis s’est finalement avéré mitigé sur cette expérience qui nous tenait tant à cœur.

 

A savoir : Une nuit chez l’habitant est égal à une nuit en yourte d’hôte juste à coté de la yourte familiale. On ne dort donc pas dans la yourte même de la famille

 

Ces 9 nuits se sont divisées de la façon suivante :

 

  • 1 nuit chez une famille semi nomade du coté de Shine Ider

 

  • 2 nuits dans une guesthouse familiale au bord du grand lac blanc de l’Arkhangai

 

  • 3 nuits chez une famille semi nomade dans la Vallée de l’Orkhon

 

  • 2 nuits chez une famille semi nomade dans le désert de Gobi du coté des dunes de Khongor

 

  • 1 nuit chez une famille semi nomade dans le désert de Gobi du coté des canyons

 

Nous aurions du passer une nuit de plus chez une famille la veille de prendre notre vol pour le Gobi mais cette dernière se trouvait à 130km de la capitale et ayant notre vol à 6h30 du matin, nous avons finalement pris la décision cette nuit là, de dormir dans l’aéroport afin d’éviter tout retard (en Mongolie, il est déconseillé de conduire la nuit car les pistes sont dans un état chaotiques et il y a beaucoup d’animaux sauvages ce qui peut donc être dangereux).

 

Avant d’expliquer plus en détails les choses, nous tenions à t’indiquer dans un premier temps, le sens des mots « semi nomade ». L’ensemble des famille que nous avons rencontré était à la base nomade, c’est à dire que comme tout nomades vivant dans la steppe, elles changeaient d’endroits 4 fois par an, en fonction des saisons. De nos jours, la vie dans la steppe est de plus en plus difficile : sècheresse, températures à -50°C l’hiver, troupeaux décimés par le froid etc par conséquent certains nomades ont décidé de conserver cette tradition, de vivre sous la yourte en pleine steppe, mais en se sédentarisant à moitié. Tu verras à travers les photos ci-dessous que plusieurs familles possèdent une genre de petite maison en pleine steppe avec plusieurs yourtes autour, ceci afin de gagner en confort et d’avoir moins froid l’hiver, ces dernières vivent à cet endroit une bonne partie de l’année. Une autre famille que nous avons rencontré vivait toute l’année sous la yourte mais en dehors des vacances scolaires elle se rapprochait d’un village car la mère de famille y avait trouvé un emploi d’institutrice.

 

Les vrais familles nomades deviennent au fil des années de plus en plus rare suite aux conditions de vie extrêmement difficiles. Pour réussir à survivre certaines se retrouvent obligées de trouver des solutions alternatives comme indiquées ci-dessus. D’autres, en revanche, perdent absolument tout à cause du grand froid l’hiver, et se retrouvent obligés d’aller enrichir les bidonvilles de la capitale, rien de pire pour un vrai nomade!

 

 

Pourquoi notre avis a t il été mitigé sur cette expérience?

 

Faut dire qu’on s’attendait à retrouver un peu le contexte des fameux épisodes de « Rendez vous en terre inconnue ». En réalité… pas vraiment! Nos nuits chez l’habitant en Mongolie se sont plutôt passer de la façon suivante :

 

-Lorsque nous arrivions chez la famille, nous devions normalement être accueillis avec du thé afin de faire connaissance tous ensemble or ici ce fut le cas uniquement chez la première et la dernière famille, mais alors pourquoi? Tout simplement car une famille nomade peut accueillir plusieurs groupes en même temps et en général elle prend le thé avec le premier groupe qui arrive (chose dans un sens logique, car elle ne va pas prendre le thé 4 voir 5 fois de suite). Chez les autres familles, nous avons été accueilli par une simple poignée de main et cela s’arrêtait là. Par la suite, chacun vaquait à ses occupations, du coup niveau échanges… ba on restait un peu sur notre faim… Pour pouvoir avoir un minimum d’échanges avec la famille il faut donc arriver en premier et quand on est le seul groupe de la soirée c’est encore mieux (mais ça, on ne peut pas le savoir à l’avance).

 

-Le temps passé sur place : lors de notre passage dans la vallée de l’Orkhon on nous avait indiqué qu’il nous serait proposer plusieurs activités comme la traite des animaux, le rassemblement des troupeaux à cheval ou encore la fabrication de produits laitiers. On nous avait dit aussi que l’on participerait à la préparation d’un barbecue mongole et qu’on le dégusterait en compagnie de nos hôtes. Malheureusement, et à notre grand regret, nous n’avons rien vu de tout ça… Si nous avons juste déguster le barbecue mais… sans nos hôtes. Et ce que nous avons trouvé vraiment dommage, c’est que la famille passait son temps qu’entre elle. Joh a tenté une approche un moment lors de la traite des yak mais en voyant leurs regards, elle a vite compris qu’il ne fallait pas déranger. Nous nous sommes de plus retrouvés avec un grand nombre d’autres groupes Horseback (plus de 5), ce qui donnait plus l’impression d’être dans un « camp à touristes » que « chez l’habitant ». Finalement, ce fut un mal pour un bien de nous retrouver avec autant de monde, car comme la famille nous ignorait, nous avons sympathisé avec d’autres voyageurs très sympas et qui étaient pour le coup, aussi déçus que nous sur ce sujet.

 

 

-En règle général, à part chez la première et la dernière famille, il n’y avait aucun échange (ici on parle des adultes). Ces derniers faisaient leurs activités quotidiennes et nous ignoraient totalement. Ce point reste pour nous aujourd’hui, LA déception de ce voyage, car en choisissant la Mongolie, notre souhait était vraiment de découvrir d’avantage ces personnes qui vivent dans un monde oh combien différent du notre.

 

-Les diners : alors oui nous avons mangé « local » mais on s’attendait à partager ces moments avec nos hôtes, et bé non! Ici, la mère de famille venait nous déposer le plat et s’en allait aussitôt continuer ses activités. Pour être honnêtes, ça faisait un peu comme au restaurant, surtout quand il y avait plusieurs groupes.

 

 

 

Mais heureusement qu’il y avait les enfants 🙂

 

Ah les enfants mongols! Autant dire qu’ils sont à croquer! Au début on commençait avec des sourires timides, puis arrivait le mode « coquin » avant de conclure avec un bon petit caractère 😛 Ces derniers nous auront fait passer de superbes moments que nous n’oublierons jamais! A défaut de pouvoir échanger avec les adultes, on peut dire que les enfants, à l’inverse, prenaient leur rôle d’hôte à cœur, avec eux, impossible de s’ennuyer! Du charisme à gogo en veux tu, en voila 🙂 Voici ceux qui nous ont marqué:

 

  • Le petit au caractère bien trempé 😛

 

On se souviendra toujours de ce bambin lors de notre nuit chez la première famille. Notre guide l’appelait Shira, c’était en réalité un surnom, nous n’avons jamais su son véritable prénom. Lorsque nous demandions au guide son prénom, ce dernier avait l’air gêné et ne le demandait pas à son père, nous n’avons donc pas insisté. Ce petit bonhomme, haut comme trois pommes, avait déjà, du haut de ses 3 ans, un caractère bien trempé!

 

 

 

Lorsque sa famille nous a accueilli, elle nous a dans un premier temps offert le thé dans sa propre maison. Première fois que l’on rentrait dans une maison mongole en pleine steppe et à l’intérieur, rien à voir avec chez nous : ici il y avait 4 parpaing en croix qui séparaient la maison en 4 pièces et on y trouvait que le strict minimum pour vivre : une table, un poêle comme sous la yourte pour faire cuire les aliments et ce qui nous a fait sourire : la télévision! Bien que nous étions perdus au milieu de nul part 😀 La plupart des pièces restaient donc vides et ici pas de décorations, on a vite vu que cette maison n’était pas le type d’habitation ou vivait la famille à l’année. La mère de famille âgée de 27ans, et enceinte de son deuxième enfant, était entrain de préparer les fameux raviolis mongols pour le diner. Elle était très réservée. Nous avons donc assisté à la préparation en dégustant notre thé autour d’elle.

 

 

Par la suite, direction notre yourte juste à coté de la maison avec le père de famille. Ce dernier s’est d’ailleurs assis à l’intérieur avec nous tous afin de faire tourner quelques verres de vodka et c’est la que le petit garnement à fait son entrée tout sourire (on a tout de suite compris que ça allait être animé ^^). Il avait un pantalon jogging style « peau de pêche » façon léopard et bien entendu ces fameuses bottes mongoles, c’était drôle à voir ^^ D’entrée, ce coquin a commencé à venir nous voir en nous tirant la langue, il s’amusait aussi à attraper nos joues. Ensuite Joh lui a montré la caméra de son téléphone portable et la autant dire qu’il a vite pris gout au jeu, petit extrait ci-dessous 😀

 

 

Avant le diner, nous sommes partis nous balader dans la steppe et ce petit bout nous a bien entendu suivi, il voulait dans un premier temps nous emmener vers les yaks que sa mère était entrain de traire. Des que l’on a commencé à trop s’approcher cette dernière s’est mise à lui crier dessus en mongole (et autant dire qu’un mongol qui s’énerve ça ne rigole pas). Nous n’avons strictement rien compris à ce qu’elle disait mais vu les cris, nous avons vite fait demi tour, d’ailleurs son fils a fait de même. Vu le tempérament explosif de l’enfant, il était sans doute dangereux pour lui qu’il approche les yaks, c’est ce qu’on en a conclu.

 

 

 

Nous avons donc continué notre balade dans le sens opposé et le petit s’amusait à prendre des bâtons pour jouer à la bagarre avec Max, il ne s’arrêtait pas une seconde 😛

 

 

Arrive le moment de faire demi-tour pour aller manger mais ce petit monstre en avait décidé tout autre! Il ne voulait plus rentrer! Et là… autant dire que ce fut comique! 😛 Nous étions à ce moment là, sur une petite colline et l’enfant s’est assis en commençant à pleurer. Nous avons donc tenté certaines ruses pour lui donner envie de descendre, comme par exemple la caméra du portable, ou encore les bâtons pour jouer à la bagarre mais rien n’y a fait! Avec lui: non c’était non!  Max dit alors à Joh : « Laisse le et faisons semblant de partir, il va bien finir par nous suivre! ». Bien entendu ça n’a pas marché et ce dernier hurlait en plus de plus en plus fort. Joh a donc tenté une nouvelle approche mais difficile de se faire comprendre avec la barrière de la langue, le petit monstre avait d’ailleurs préparer tout un tas de cailloux pour les lancer sur Joh (autant dire que notre première rencontre avec un enfant mongol on s’en souviendra 😛 ). A ce moment là, sa mère est arrivée au pied de la colline et elle lui hurla dessus à nouveau. Sur le coup, on se demandait si elle nous engueulait nous, d’avoir emmener son fils là-haut ou si elle criait uniquement sur son fils, nous étions pas mal gênés ^^ mais en même temps la situation était vraiment comique, nous avions du mal à ne pas sourire. Pour finir, c’est son père qui a débarqué en moto. Des son arrivée, le petit monstre a stoppé ses larmes en une seconde, son père l’a installé sur la moto puis hop en route pour la maison quelques mètres plus bas. En partant, le garnement nous a regardé avec un sourire narquois, qui voulait sans aucun doute dire: « Moi je rentre en moto et pas vous! » Et dire qu’il n’avait que 3 ans 😛 ça annonçait déjà la couleur pour les années à venir, nous étions scotchés mais en même temps mort de rire.

 

Au cours du diner, le petit homme est réapparu au moment du dessert. Sa mère était dans la pièce entrain de ranger et il s’est remis à hurler en l’attrapant avec ses bras sans ne plus vouloir la lâcher (en réalité il voulait juste jouer et avoir l’attention sur lui). La pauvre femme nous faisait par moment de la peine, elle faisait énormément de chose : s’occuper de l’enfant, faire la cuisine, traire les yaks et le tout, en étant enceinte de son deuxième enfants…

 

Le lendemain matin, au moment du départ, le père est parti en moto en tenue de moine. Sur le coup, nous n’avons absolument pas compris: que faisait il en tenue de moine? Cela restera un grand mystère à la fois pour nous et pour notre guide car en général les moines vivent en monastère et n’ont pas d’enfants. Cela nous aura bien fait rire. Nous avons offert à la mère quelques objets venant de chez nous comme des élastiques pour les chevaux, des stylos etc et au petit monstre une petite voiture avec des sachets de bonbons. Ce dernier est d’ailleurs vite parti jouer avec on ne l’a donc plus revu. En quittant l’endroit, sa mère a lancé une louche de lait derrière notre véhicule, ceci afin que notre voyage se déroule sans embuche.

 

 

Nous garderons un très bon souvenir de cette famille, ce qui nous aura vraiment impressionné c’est la force de cette mère qui n’avait que 27ans (encore plus jeune que nous). Enchainer tout ce qu’elle faisait en étant enceinte et en devant en plus gérer un enfant des plus turbulents… Ici il était flagrant de voir à quel point nos mondes étaient différents.

 

 

 

 

  • Nos 2 nuits en guesthouse :

 

Tout d’abord, ça ressemble à quoi une guesthouse? A nos yeux, c’est un peu comme un camps de yourte, il y a la petite maison de la famille ou chacun mange autour d’une grande table avec tout le monde et tout un tas de yourtes autour mais ici, à l’inverse des camps de yourtes, il n’y a pas de douches, de vrais toilettes, de restaurants. Les enfants de cette famille étaient adolescents, ils étaient très réservés, nous n’avons pas eu d’échanges car nous les avons rarement vus au cours de nos deux nuits là-bas. C’est l’endroit que nous avons le moins aimé, pourquoi? Alors ok le cadre est très beau car au bord du grand lac blanc de l’Arkhangai mais ce lieu se compose de tout un tas de camp de yourtes du a la proximité du volcan de Khorgo et pour le coup ça faisait un peu passage obligatoire des touristes. Il y avait énormément de touristes asiatiques qui venaient voir le volcan en bus, le passage  des voitures était présent de jour comme de nuit et beaucoup de mongols étaient ici en vacances pour célébrer le début du Naadam, du coup on va dire que nous avions eu, les deux nuits, de la musique à fond jusqu’à tard dans la nuit. Et puis quand on a passé les jours d’avant seuls au monde en pleine steppe, c’était assez surprenant de voir d’un coup ce changement de décors avec tout ce monde et ce bruit permanent.

 

 

 

 

  • La petite Nasca, 5ans (Nasca veut dire longévité en mongole)

 

Comment oublier cette petite? Impossible! Avec son sourire coquin elle faisait fondre tout les voyageurs et c’est qu’elle savait y faire la chipie! Nous avons rencontré Nasca lors de nos 3 nuits dans la vallée de l’Orkhon et la première fois que nos routes se sont croisées, c’était pour aller aux toilettes dans la steppe en pleine nuit. Ces dernières étaient assez loin des yourtes pour ainsi éviter les odeurs, il fallait donc marcher un peu. Sur le coup, nous avons été surpris car cette petite n’avait pas froid aux yeux en s’aventurant ainsi dans la nuit noire pour rejoindre les toilettes, elle était de plus pieds nus, en culotte / t-shirt. On a vite pris conscience qu’ici les enfants sont élevés dans la nature, un petit de son âge chez nous n’aurait certainement jamais oser parcourir ce chemin à pied la nuit tout seul. Sur le coup, nous nous sommes même demandés d’où elle sortait ^^

 

Nasca passait son temps à appeler les voyageurs « coucou » sans doute car une personne avait du lui dire « coucou » en la voyant. Du coup, des le lendemain, elle est venue nous voir, toujours en pieds nus, en culotte / t-shirt avec son fameux « coucou » qu’elle répétait sans cesse. Mademoiselle aimait bien les choses qui brillent: elle n’arrêtait pas de nous montrer ses ongles recouverts d’un vernis transparents à paillettes (sans doute un cadeaux qu’un voyageur lui avait donné) ainsi que ses lèvres recouvertes de gloss, elle était très sympathique. Joh l’a emmené un moment sous la yourte pour lui offrir un cahier de coloriage avec des princesses Disney ainsi que les crayons de couleurs et le taille crayons qui allait avec. Autant dire que le moment était très touchant! La petite avait les yeux qui brillaient tant elle était contente et elle s’amusait par la suite à montrer Cendrillon qui était en couverture en faisant signe que c’était elle. Joh a eu sur le coup, l’impression de lui avoir offert un cadeaux extraordinaire alors que ce n’était qu’un simple cahier à colorier.

 

 

Le soir même, lors du diner, Nasca est venue se joindre à nous pour manger à notre table, nous étions ravis! Madame s’amusait à compter en français jusqu’à 5 pour nous montrer qu’elle connaissait des mots de notre langue, cette petite avait l’air vraiment très intelligente!

 

 

Puis, par la suite, elle est arrivée avec son cahier de coloriage et a demandé à Joh de lui tailler tout les crayons, ça en devenait limite un jeu pour elle, toujours avec son grand sourire malicieux. Le lendemain, au cours de la journée, elle a suivi Joh sous la yourte et elle lui montrait du doigt le sac d’où Joh lui avait donné le fameux cahier de coloriage la veille. Cela voulait sans doute dire : « Je sais que tu as des cadeaux la dedans, j’en veux un autre! » Cette chipie savait se faire comprendre 🙂 Joh lui a alors donné une barre de céréales et madame et reparti toute contente dans la steppe ^^ Impossible d’oublier une petite aussi pétillante que Nasca!

 

 

 

 

 

  • La petite timide

 

Encore une petite qui nous aura fait bien rire, elle devait avoir 7 à 8ans et mademoiselle s’amusait à nous dessiner sur le mur de sa maison avec un crée pendant que nous étions entrain d’admirer le troupeau de chameaux. Mademoiselle arrêtait pas de rigoler et est parti en courant lorsqu’elle a vu que nous nous étions rendus compte de son petit jeu ^^

 

 

 

 

 

  • Les enfants de la dernière famille

 

Deux bout’chous absolument adorables : souriants, qui aidaient leur mère à mettre et à débarrasser la table lors de notre diner. Par la suite, il nous ont emmené dans les enclos des chèvres afin de nous faire voir les bébés, qu’ils n’ont pas hésité à nous mettre dans les bras. Deux enfants d’une grande gentillesse tout comme leur famille d’ailleurs avec laquelle nous avons bu le thé. Un petit point qui nous a cependant un peu gêné ici : lors du diner nous étions à table dans leur petite maison (qui ne se composait que de deux pièces) et pendant que nous mangions toute la famille était entassée dans la cuisine entrain de manger à leur tour assis par terre. A ce moment là, nous avons demandé à notre guide pourquoi ils ne venaient pas se joindre à nous à table, que cela nous gênait de les voir ainsi par terre alors qu’ils nous avaient offert un excellent diner. Notre guide nous a alors informé que pour eux c’était normal, car ils ne voulaient pas nous déranger. Bien entendu ils ne nous auraient absolument pas dérangés, bien au contraire, mais c’était dans leur coutumes de faire ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les douches ? Les toilettes ? L’électricité ?

 

Une question que beaucoup doive se poser et bien c’est très facile d’y répondre :

 

Concernant les toilette en général ça ressemble à ça et elles se situent toujours assez loin des yourtes :

 

 

Ici autant dire que les odeurs sont très prenantes, Joh par exemple n’a jamais réussi à faire la dedans 😛 elle préférait le mode « nature » pour ainsi pouvoir respirer 😛

 

Les douches : chez l’habitant il n’y en a pas! En général ces derniers se lavent avec une bassine d’eau (qu’ils ont été cherché au lac ou a la rivière la plus proche). En Mongolie, il est interdit de se laver à même les lacs et les cours d’eau car ces derniers sont considérés comme sacrets! Notre guide avait une genre de douche portable, mais ici le temps de faire chauffer l’eau etc cela prenait un temps fou, du coup, en général, nous faisions comme les familles, nous prenions une bassine, de l’eau de la rivière et hop on se douchait comme ça ^^ Nous sommes passés chez certaines famille ou la rivière était bien loin ou asséchée, par conséquent ici, c’était « option lingettes ». Au maximum, nous avons passé 5 jours avec les lingettes, sans prendre de véritables douches mais c’est ça l’aventure! Et autant dire qu’on ne se sentait pas plus sales que ça car en Mongolie le climat, l’été, est très sec, du coup même quand on transpirait pendant une journée à cheval par exemple, on séchait très vite!

 

 

L’électricité : ici tout dépend des familles, certaines vont avoir la lumière en permanence, d’autres de telle heure à telle heure. Exemple lors de notre passage dans le Gobi, chez la première famille, ici la lumière s’allumait dans la yourte à 20h et elle s’éteignait à 22h30. Pour finir, certaines n’ont pas du tout d’électricité, du coup nous utilisions les lampes torches que nous avions ramené. Ce point ne nous a absolument pas dérangé car nous étions dans la yourte vraiment que pour dormir, le reste du temps on passait notre temps au grand air.

 

Concernant ces trois points, c’était un peu toujours la surprise. A chaque fois que l’on arrivait chez une nouvelle famille on découvrait un nouvel environnement de vie et certaines avaient des conditions beaucoup plus difficiles que d’autres. L’endroit ou nous retrouvions un minimum de confort était les camp de yourtes : ici nous étions quasiment sur d’avoir de l’électricité, des douches et de vrais toilettes. Ce coté « roots » nous a beaucoup plu : au final, c’était les premières fois que l’on se préparait aussi rapidement le matin (10 minutes montre en main) et quand on est une fille c’est un exploit ^^ Pendant ces trois semaines, Joh a de plus dit adieu au maquillage (car avec toute cette poussière) et finalement ce point ne l’a pas manqué.

 

 

 

Conclusion sur cette expérience

 

Même si nous avons passé de superbes moments avec les enfants, ces « nuits chez l’habitant » avec l’agence Horseback, sont pour nous à revoir. A nos yeux cela a été un peu LA déception de ce voyage, car comme indiqué plus haut, nous nous attendions vraiment à plus d’échanges afin de mieux connaitre ces personnes qui vivent dans un monde à mille lieux du notre. Pour être honnêtes, nous avons par moment, créer beaucoup plus de liens dans les camps de yourtes que chez l’habitant même : exemple typique ici au camp de tipis Eden Camp. Nous avons d’ailleurs en partant laissé tout un tas de petit cadeaux à cette famille avec qui nous avons passé d’excellents moments. Joh se souvient d’ailleurs de la réflexion du guide à ce moment là : « Mais pourquoi tu leur donnes à eux?, C’est aux familles qu’il faut donner les petits cadeaux. » Oui, mais un peu difficile quand la famille vous a ignoré pendant votre passage chez elle… Au début, nous pensions que nous n’avions pas de chance, on se disait que peut être nous étions tombés sur des familles qui avaient peut être du vivre des difficultés dernièrement ce qui justifiait le faite qu’elles nous ignoraient (car après tout ce sont des personnes qui se battent chaque jour pour réussir dans ce milieu hostile). Puis lorsque nous avons rencontré d’autres groupes Horseback et que d’autres voyageurs  nous ont tenu exactement le même discours alors qu’ils venaient de familles différentes des nôtres, là, on va dire que nous avons vite compris. C’est aspect de « nuit chez l’habitant » a un aspect plus vendeur qu’autre chose, c’est un peu l’idée qu’on en a aujourd’hui. Heureusement que nous avons eu la chance de tomber lors de notre bivouac à cheval sur un super éleveur qui nous a permis de rendre visite à de vrais familles nomades, chose qui n’était absolument pas prévu et là on a clairement vu la différence. Ici rien n’était organisé pour les touristes, tout s’est fait naturellement, tout était vrai 🙂 et nous n’oublierons jamais ces moments!

Pour apprendre à connaitre une famille mongole qui vit dans la steppe il faut à nos yeux passer au minimum une semaine avec elle et être qu’avec elle (et non avec plein d’autres groupes). Pourquoi? car les mongoles sont en général très timides, ils mettent du temps à s’ouvrir. En restant une à trois nuits comme nous avons fait avec des groupes qui arrivent en plus chaque jour, cela devient vite compliqué de tisser des liens. Lorsqu’on décide d’aller en Mongolie pour rencontrer les familles nomades, ce point est à nos yeux, vraiment à prendre en considération.

 

 

 

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10 réflexions au sujet de « Nos nuits chez l’habitant en Mongolie »

  1. Intéressant ! Merci pour l’article j’ai appris pleins de choses 🙂 du coup vous n’avez pas pu participer aux tâches avec les familles (traire par exemple ou cuisiner) ?

  2. Merci pour ce super récit, ça a dû être une expérience fantastique et très enrichissante !
    Et j’ai adoré la vidéo du petit garçon qui rigole devant ton téléphone, c’est vraiment mignon 🙂

    1. Contents que ce récit te plaise 🙂 En effet, une aventure en Mongolie reste gravée à vie et c’est un voyage qui permet de prendre conscience de tout un tas de choses! Ce petit loustic en s’en souviendra longtemps 😛

  3. Nous, occidentaux, attendons parfois des familles de ces pays un accueil que nous sommes incapables de fournir aux étrangers qui viennent chez nous. Imaginez-vous dans la situation inverse, avec des invités différents qui défilent tous les qqs jours. Feriez-vous rentrer ces gens de passage dans votre intimité au point de dormir dans le même espace ou de partager toutes les activités quotidiennes ? Les laisseriez-vous sereinement s’éloigner de la maison avec votre enfant de 3 ans ? Attendez-vous autre chose qu’une poignée de main et qqs échanges cordiaux lorsque vous allez passer un week-end en chambre d’hôte ? Dans Rendez-vous en Terre Inconnue, une équipe prend le temps de créer des liens avec la famille pendant des semaines avant l’arrivée de l’invité, ce qui explique surement la proximité qui vous a un peu manqué. A mon avis, comme vous le dites dans votre conclusion, si l’objectif du voyage est de rencontrer des gens, il faut accepter de voir p-e moins de pays et de rester au même endroit plus longtemps pour avoir le temps de créer un lien de confiance.

    1. Bonjour Lucie, il est certains que chez nous, en Occident, on ne ferait pas le quart de tout ce que font les mongols en Mongolie en terme d’accueil. La dessus nous sommes totalement d’accord. Ici nous voulions principalement informer les futurs voyageurs qui comptent partir avec cette agence de ne pas s’attendre justement à tout ce que l’on voit dans les fameux épisodes de « RDV en terre inconnue ». Ici, sur le site, l’agence annonce beaucoup de choses qui en réalité se passent différemment. Quand on se retrouve à plus de 5 groupes chez une famille, il est totalement normal que cette dernière n’est pas le temps pour tout le monde donc forcément le côté échange est beaucoup plus limité (et c’est ici pour nous qu’est la déception car on ne s’attendait pas à se retrouver avec autant de monde chez une même famille). Nous ne mettons pas du tout la faute sur ces familles, d’ailleurs deux dentre elles ont été aux petits soins pour nous car justement nous étions seuls avec elle.
      Il était cependant flagrant de constater la différence lorsque l’on s’arrêtait dire bonjour à une famille nomade en pleine steppe, lors de notre bivouac à cheval (ici ce n’était pas absolument pas prévu, c’est l’éleveur qui avait décidé de nous faire vivre ce type de moment). Tout était vrai, rien était organisé pour les touristes, tout s’est fait « comme ça » et la nous avons vu ce côté authentique que nous recherchions qui faisait un peu « rdv en terre inconnue ».
      Nous sommes parfaitement conscients que l’émission en question crée des liens avec la famille avant le tournage. Cet article est donc bien la, comme nous l’indiquons en conclusion, pour faire comprendre à nos lecteurs que pour créer des liens avec des familles nomades il faut passer au moins une semaine avec eux et non 2 jours avec 10 groupes autour, principalement aussi car les mongols sont timides. En une semaine, il est plus évident pour eux de s’ouvrir.

      1. Oui effectivement la faute revient surtout aux annonces un peu mensongères des agences qui veulent attirer leurs clients et je suis tout à fait d’accord avec votre conclusion. En tout cas votre article est super intéressant 🙂

        1. Merci Lucie, ravis que l’article te plaise 😉 après on pense que ce type de voyage a évolué avec le temps, car nous connaissons une personne qui était partie avec eux il y a maintenant plusieurs années et l’expérience était différente (moins cette sensation de « camps à touristes » chez l’habitant). Espérons qu’au fil des années à venir ce si beau pays ne soi pas victime du tourisme de masse, ce qui casserait ce côté authentique que l’on peut encore trouvé aujourd’hui.

  4. Super chronique ! Même si l’expérience vous a déçus, j’espère que vous en gardez malgré tout de bons souvenirs… même si ce n’est qu’avec les enfants.

    1. Bonjour Audrey,

      Contents que cet article te plaise 🙂 Nous en gardons bien sur un bon souvenir, ce que nous avons vécu là-bas nous le vivrons nul part ailleurs. Ce qui nous a surtout déçu se sont les « dires » de l’agence sur leur site internet qui sont à nos yeux beaucoup plus vendeurs qu’autre chose 😉 Malgré ce côté « nuits chez l’habitant » qui ressemblait plus à un « camp de touristes » nous avons tout de meme eu la chance de vivre des moments beaucoup plus authentiques avec les locaux grâce à certains éleveurs avec qui nous sommes partis plusieurs jours à cheval 🙂

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