Mongolie

Mongolie centrale, deuxième partie

 

Avant notre envolée pour le Gobi au sud, et après avoir passés de magnifique moments dans l’Arkhangai au centre, nous continuons à parcourir le centre du pays en passant dans 3 autres provinces : l’Ovorkhangay, le Bulgan et le Tov.

 

 

Mercredi 13 et Jeudi 14 juillet 2017 : séjour équestre chez les nomades de la Vallée de l’Orkhon (Province de l’Ovorkhangay)
 

 

La Vallée de l’Orkhon est un site naturel protégé par l’UNESCO depuis 1992. Sa taille : 121.967 hectares de prairie le long de la rivière du même nom. On y trouve un nombre très important de vestiges archéologiques et d’après les recherches, cette vallée aurait été habité depuis la Préhistoire. C’est une terre de nomadisme par excellence et c’est également le point de départ de nombreuses randonnées à cheval.

 

 

 

 

 

Vallée de l’Orkhon,  jour 1 :

 

C’est le moral un peu en berne que nous arrivons ici, on va dire que nous avons encore en tête les adieux difficiles de la veille avec Nirgui, l’éleveur nomade qui nous a accompagné lors de notre bivouac à cheval de 3 jours dans l’Arkhangai. Dans la vallée, nous logeons en yourte d’hôte chez une famille nomade et le moins que l’on puisse dire, c’est que comparé aux autres familles que nous avons rencontré jusqu’à présent, celle ci est relativement distante. L’accueil est très bref et au cours de la matinée ou nous restons chez eux, personne ne viendra nous proposer d’aider pour traire les yaks, de rassembler les troupeaux ou encore de participer à la fabrication de produits laitiers comme cela était convenu. Nous sommes relativement surpris car nous aurions aimé apprendre à connaitre d’avantage cette famille mais cette dernière garde une certaine distance avec nous.

 

 

 

 

Un autre point nous déçoit également en ce lieu : le nombre relativement important de yourte d’hôte à coté de la yourte familiale. Ici on se croirait plus dans un « camp touristes » plutôt que « chez l’habitant » et comme 5 autres groupes Horseback sont présents en même temps que nous, ça fait un peu rassemblement de touristes. Il est donc encore plus difficile de tenter d’apprendre à connaitre la famille qui nous accueille, surtout qu’aux premiers abords, les mongols restent en général assez timides.

 

On profitera donc de cette première matinée pour aller nous rafraichir dans la rivière car le soleil tape très fort. Nous lavons également quelques vêtements dans une bassine et non à même la rivière pour respecter le coté sacré de l’eau. Plusieurs troupeaux de yaks n’hésitent pas à passer autour de nous, ces animaux sont assez curieux.

 

 

 

 

 

L’après-midi, aux alentours de 15h, nous partons avec un éleveur mongol à cheval en direction des chutes de l’Orkhon. Ces dernières sont les plus grandes de la Mongolie, elles font 16m de haut. Nous mettons environ 1h pour y arriver,  et ça sera une heure de galop intensif. Ici le paysage est plat, ce qui caractérise la vallée de l’Orkhon. A l’inverse de l’Arkhangai, il n’y a pas de relief du coup il est vrai que nous en prenons moins plein les yeux.

 

 

 

A peine arrivés, nous sommes surpris par le monde. Nous qui avons eu l’habitude de passer par des endroits isolés de tout, ici c’est tout le contraire. Il y a énormément de famille qui se détendent au bord de l’eau avec leurs enfants, on apprendra que ce lieu est prisé des mongols au cours des vacances scolaires. Ce pays est vraiment étonnant car nous n’aurions jamais imaginé tomber sur autant d’animation en pleine steppe. Une chose nous frappe sur la cascade : le manque de débit ! Ici la sécheresse se fait clairement ressentir car ces chutes sont à l’origine très puissante or là, nous pouvons voir la roche derrière l’eau qui tombe ce qui est extrêmement rare.

 

 

 

Nous décidons de partir loin de la foule dans le petit canyon qui se situe quelques mètres après les chutes afin de nous baigner. L’eau est très fraiche mais que ça fait du bien, le cadre est superbe et nous sommes quasi seuls.

 

 

 

Nous repartons au bout d’une heure à cheval pour rejoindre notre yourte et ici c’est un nouveau galop intense qui nous attend pendant une heure, sauf que Joh a un cheval avec une selle des plus inconfortable. En général les selles des touristes sont composées de deux barres de fer et d’un coussin rembourré pour poser les fesses or ici le coussin est tout plat par conséquent Joh aura eu l’impression de faire 2h de cheval sur deux barres de fer… Résultat : une belle ouverture sur la fesse, heureusement que le Cicatril (pommade cicatrisante) est présent dans nos sacs à dos. Nous n’accrochons pas vraiment avec cette balade à cheval, non seulement car le paysage n’est pas aussi grandiose qu’auparavant mais surtout car nous avons vraiment l’impression que l’éleveur qui nous guide expédie un peu la chose… Faire du galop à fond pendant quasi 2h est à nos yeux un peu « too much » que ce soit au niveau des chevaux comme pour nous qui terminons du coup en souffrance totale. A ce moment là, nous n’espérons qu’une seule chose : que la rando à cheval du lendemain ne se fasse pas au même rythme…

 

Nous terminons cette journée autour d’un bon diner que la mère de famille vient nous apporter mais cette dernière ne s’attarde pas. A sa place, c’est sa fille, Nasca, âgée d’à peine 5ans, qui se joint à nous et cette petite nous fait bien rire. Sans aucun doute la plus chipie de tout les enfants que nous avons rencontré au cours de ce voyage. Nasca passe son temps à se balader autour des yourtes en culotte / T-shirt tout en étant pieds nus. Elle appelle tout les voyageurs qu’elle croise « coucou » et autant dire qu’avec son sourire coquin, elle a une bouille à croquer. Au cours du diner elle nous montre ses ongles qui sont recouverts de vernis à paillettes et ses lèvres pleine de gloss (sans doute un cadeau laissé par un voyageur avant notre passage), mademoiselle en est très fière. Elle passe son temps par la suite à compter jusqu’à 10 en français, histoire de  nous montrer qu’elle maitrise quelques mots de notre langue.

 

 

 

A la fin du diner, Joh l’emmène sous la yourte avec elle et lui offre un cahier de coloriage avec des princesses Disney accompagné de crayons de couleurs et d’un taille crayon. La petite est tellement contente qu’elle en a les larmes aux yeux, un moment très touchant. Nasca passe son temps par la suite à montrer la princesse qui est en couverture en faisant signe que c’est elle, puis elle part en courant chez elle, toute contente. Lors de la soirée, elle revient souvent voir Joh histoire qu’elle lui taille les crayons de couleurs, ça en devient limite un jeu et son sourire ne la quitte pas une seule seconde. Joh aura été de mission « taille crayons » toute la soirée 😛 Au moment d’aller se coucher elle crie tout fort : « Saikhan amraarai » ce qui veut dire « Bonne nuit ». Nous nous prêtons au jeu en lui répondant dans sa langue et c’est ainsi qu’elle part se coucher, en gambadant en culotte dans la steppe noir, jusqu’à rejoindre la yourte familiale à coté. Cette petite, haute comme trois pomme n’a vraiment pas froid aux yeux, se trimbaler seule en pleine nuit dans une telle tenue semble être pour elle tout à fait normal et la scène nous fait sourire tant pour nous elle est insolite.

 

 

 

 

 

Vallée de l’Orkhon,  jour 2 :

 

Nous nous réveillons tranquillement autour de 8h30. La petite Nasca est déjà en vadrouille dans la steppe est lorsqu’elle nous aperçoit elle se met à crier « coucou » toujours avec son sourire malicieux 🙂 Après un bon petit déjeuner, nous retrouvons notre éleveur de la veille pour partir en randonnée à cheval. Le programme du jour : 50km pour faire l’allée retour jusqu’aux sources chaudes de Mogoit mais avant toutes choses, Joh demande si il est possible de changer la selle de son cheval car au vue de sa blessure, il lui est impossible de réaliser un telle balade avec la selle qu’elle avait la veille. L’éleveur effectue le changement sans problème et nous voila partis aux alentours de 10h30 sous un soleil de plomb.

 

La veille, nous avions demandé à Khuyga si il était possible de ralentir un peu le rythme car les 2h de galops non stop avaient été quelques peu éprouvantes, surtout pour Max qui n’a pas l’habitude de faire de telles distances à fond. Le guide avait répondu qu’il n’y aurait aucun problème, nous partions donc confiants pensant que le message était passé. A peine en selle, nous sommes surpris de voir que notre éleveur repart d’entrée pour un long galop et autre problème se pose ce jour là, le cheval de Max n’est vraiment pas décider à avancer, résultat, il se retrouve souvent loin derrière tout le monde. Au fur et à mesure, le soleil tape de plus en plus fort (nous tournons autour des 40°), il n’y a pas un coin d’ombre, les pauses sont rares, l’eau que nous avons avec nous est devenue chaude et avec les courts passages au pas, on ne va pas mentir, physiquement c’est très dure.

 

A ce moment là, nous sommes un peu dans l’incompréhension : lorsque nous avions réservé ce voyage on nous avait dit qu’il n’y avait pas besoin d’être un cavalier expérimenté car les moments à cheval étaient principalement de la balade tranquille afin de profiter des paysages spectaculaires. Il fallait juste être à l’aise aux trois allures, histoire de pouvoir se faire plaisir de temps à autre au galop. Or ici c’est un peu tout le contraire qui est entrain de se produire : la balade tranquille se transforme de plus en plus en véritable champs de courses et autant dire que nous ne prenons aucun plaisir car nous sommes en souffrance totale. Les paysages restent également très plats, de longues lignes droites qui ne terminent jamais et par endroit nous nous retrouvons limite à devoir galoper les yeux fermés tant il y a de poussières autour de nous.

 

 

Nous arrivons aux sources chaudes exténués, Khuyga nous offre un coca frais qui nous fait un bien fou. Nous partons par la suite nous prélasser dans les piscines d’eau chaude, nous y restons une bonne demi-heure mais n’arrivons pas vraiment à nous détendre tant nous pensons à ce qui nous attend pour le chemin du retour. Khuyga nous informe au moment du départ (il est non loin de 14h) que nous devrons encore faire une petite heure de cheval avant de rejoindre Khana, notre chauffeur, présent quelques kms plus bas avec le van pour la pause déjeuner. Joh en profite alors pour redemander à Khuyga de ralentir le rythme car avec la chaleur, la faim, le manque d’eau (car cette dernière devient vite chaude) il devient vraiment difficile de tenir de telles distances au galop. La réponse : « Oui oui ne t’inquiète pas on arrive bientôt ». Ce retour ne nous rassure pas vraiment mais pas le choix, il faut nous remettre en selle. A peine le terrain devient moins caillouteux, nous revoilà de nouveau au galop et là ça en est trop! Le guide, l’éleveur et la troisième personne de notre groupe partent à fond, ces derniers vont si vite qu’ils disparaissent de notre champs de vision très rapidement. Joh se retrouve alors entre Max qui est tout derrière dont le cheval refuse de galoper tant il en peut plus et le reste du groupe tout devant qu’elle n’aperçoit plus. Elle tente alors de les appeler en criant mais rien y fait, avec le vent et la vitesse le son de sa voie de ne se fait entendre. La situation commence d’autant plus à devenir dangereuse, Max est rouge pivoine à bout de souffle, le cheval de Joh se retrouve à l’embarquer comme un fou car il veut à tout prix rejoindre les copains qui sont plus loin devant (Joh a donc de plus en plus de mal à le maitriser pour qu’il reste auprès du cheval de Max) nous avons faim, nous n’avons pas d’eau… Résultat : on décide de tout arrêter et de mettre pied à terre pour éviter un éventuel accident. A ce moment là, nous nous retrouvons seuls tout les deux en pleine steppe. Nous marchons, nos chevaux en main, en allant toujours tout droit en espérant qu’une chose : voir au plus vite le van de Khana. Cette situation dure un bon quart d’heure et personne, ni le guide, ni l’éleveur se soucie à ce moment là, de revenir en arrière pour voir si tout se passe bien pour nous, chose que nous trouvons pas top du tout…

 

 

 

Une fois arrivés au van, tout le monde est tranquille entrain de préparer le repas et autant dire qu’à ce moment là, notre colère se fait entendre en indiquant au guide que l’évènement qui vient de se produire est source d’une grande inconscience et d’un gros manque de sécurité. Ce dernier s’excuse en nous disant qu’il voulait arriver au plus vite pour préparer le repas car il est déjà 15h… D’autre part, voyant que la troisième personne de notre groupe ne montrait aucun signe de souffrance, il pensait que ça irait aussi pour nous. Nous lui indiquons donc que comme indiqué depuis le début du voyage il y a tout de même une différence de niveau entre Max qui a pris des cours d’équitation avant le départ afin d’être à l’aise aux trois allures et cette dame qui a eu l’habitude de faire de l’équitation tout au long de sa vie et qui ne recherchait, en venant en Mongolie, qu’à faire du galop à fond.

 

A la fin du repas, nous décidons de ne pas remonter à cheval et de repartir jusqu’aux yourtes en van avec Khana, d’une car nous sommes épuisés par toutes ces péripéties et de deux car nous ne voyons pas l’intérêt de faire du galop à fond non stop car ici il ne faut pas non plus oublier le cheval qui nous porte sur son dos.  Par moment, on se demande justement ou est le respect du cheval ? Autant dans l’Arkhangai, nous étions avec un éleveur qui faisait les choses dans les règles de l’art : de belles séances au galop avec des pauses régulières afin que tout le monde récupère, autant ici c’est tout le contraire : du galop à fond avec 3 minutes de pause montre en main et notre impression de la veille se confirme de plus en plus : à nos yeux, cet éleveur veut vraiment expédier la corvée « balade avec les touristes ».

 

C’est donc en van que nous rejoignons les yourtes pendant que le reste du groupe continue à cheval. Une fois arrivés, nous partons nous rafraichir dans la rivière et poursuivons en balade afin de faire l’ascension d’une colline pour avoir une jolie vue sur la vallée et également pour prendre l’air après cette journée qui fut, comme tu t’en doutes, la pire du voyage.

 

 

 

 

 

En soirée, il était prévu que l’on assiste à la préparation d’un barbecue mongole que l’on devait déguster avec nos hôtes mais ici on ne verra rien de tout ça puisqu’on nous servira juste le plat à table et ces derniers ne le mangeront pas avec nous. Décidément, dans la vallée de l’Orkhon, nous allons de déception en déception…  Nous terminons la soirée avec les membres d’autres groupes Horseback et ça nous fait un bien fou de sortir un peu de l’ambiance tendu qui règne au sein de notre propre groupe depuis la mi journée. A défaut de passer du temps avec la famille qui nous ignore totalement, nous sympathisons avec d’autres voyageurs et nous nous rendons compte que nous avons un peu tous la même impression sur cette famille : ici la notion de « chez l’habitant » perd tout son sens, on se croirait plus dans un lieu de rassemblement pour touristes. En allant nous coucher, une chose est sur : nous sommes ravis de quitter la vallée de l’Orkhon le lendemain ou finalement pas grand chose ne s’est déroulé comme convenu.

 

 

 

 

Vendredi 15 juillet 2017 : ancienne capitale, mini Gobi et parc national de Khogno Khan

 

Ce matin, après une bonne nuit de sommeil, la tension de la veille est redescendue et nous reprenons la route direction l’ancienne capitale du pays, Karakorum ou nous mettrons environ 3h30 pour faire 130km. Joh commence a être malade, un aliment de la veille n’a pas du passer, résultat : nous nous arrêtons régulièrement sur le bord de la piste pour aller au p’tit coin dans la steppe (et comme celle ci est plate, il faut souvent marcher un bon moment avant de ne plus être à vue). Et oui c’est ça l’aventure! ^^

 

Karakorum est une ville qui a été fondé en 1220 et était l’une des étape de la célèbre route de la soie. On appelle également ce lieu, la cité légendaire de Genghis Khan. Une fois arrivés à destination nous visitons le magnifique et immense monastère d’Erdene Zuu qui a été construit au XVIème siècles. C’est le monastère bouddhiste le plus ancien du pays.

 

 

 

 

 

Nous sommes scotchés par cet endroit ou il  y a de magnifiques temples, des stupas immenses et ou nous avons même la chance d’assister à une cérémonie de moines en direct. Les Bouddhas  exposés sont de plus grandioses. Ce monastère fut notre préféré de tout ceux que nous avons visité.

 

 

 

 

 

 

A la sortie nous en profitons pour nous balader dans le petit marché locale juste à l’entrée du monastère ou sont vendus tout un tas de petits souvenirs. C’est ici que nous trouvons les prix les plus intéressants et les commerçants nous accueillent toujours avec un grand sourire. L’ensemble des choses que nous achetons nous coute trois fois rien.

 

 

 

 

Nous terminerons notre passage dans cette ville par la visite du musée de Karakorum ou nous apprendrons l’histoire de cette cité. Joh est quant elle de plus en plus malade, elle passera une bonne partie de la visite aux toilettes (heureusement que les Smecta sont dans le sac à dos, ce qui lui permettra d’être moins embêtée par la suite).

 

Nous reprenons la route pour 1h30 ou nous réalisons 110km et ici nous sommes sur une vrai route (ça change de la piste ou ça secoue en permanence). Nous quittons définitivement la province de l’Ovorkhangay pour passer dans celle de Bulgan. Notre destination : le parc national de Khögnö Khan.

 

D’entrée, ce parc est très surprenant puisque nous commençons par découvrir le Mini-Gobi : une bande de sable en forme de petites dunes longue sur 80km. C’est assez dingue de trouver ce décors au milieu de la steppe. Khuyga nous informe que ce lieu est en effet très original mais il n’a rien à voir avec le vrai désert de Gobi au sud du pays, qui est d’après lui est beaucoup plus impressionnant. Le temps est couvert, on sent que l’orage n’est pas loin et en prime nous avons le droit à un magnifique arc-en-ciel. Ce climat fait ressortir le coté doré des dunes, c’est vraiment très beau mais malheureusement la pluie arrive nous préférons reprendre la route en direction du camp ou nous passerons la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

Ce soir nous logeons à l’Eden Camp et ce dernier n’est pas un camp de yourtes mais de tipis. Et oui, il ne faut pas oublier qu’en Mongolie il n’y a pas que des yourtes, le tipi est le type d’habitation utilisé par les Tsaatan au nord du pays. Nous sommes vite scotchés en apercevant le cadre ou nous allons dormir : d’immenses rochers granitiques qui entourent une bonne vingtaine de tipi au milieu de nul part c’est juste grandiose! Ce qui nous frappe par dessus tout ici c’est que ce décors nous fait vraiment penser à l’ouest américain, tout est très ambiance western, c’est assez dingue. Jamais nous ne nous serions imaginés trouver ce type d’endroit ici.

 

 

Le point positif c’est qu’à l’inverse de la vallée de l’Orkhon ou nous étions 5 groupes ici nous nous retrouvons juste avec un petit groupe Horseback de 3 personnes et nous nous sentons vraiment privilégiés d’avoir un tel endroit quasi pour nous tout seuls. Khuyga nous informe très vite que si nous comptons nous balader dans les environs il faut être vigilants aux serpents  car ces derniers se cachent entre les rochers et sont relativement nombreux en ce lieu. Pour Joh qui a la phobie de ces bêtes là, autant dire que la nouvelle fut bonne à entendre 😛

 

Au moment de découvrir notre tipi, c’est juste du pur émerveillement! On se croirait clairement dans un film! On a du mal à croire que l’on va dormir là, tant le cadre est spectaculaire. Joh ne cache pas à Max qu’elle a tout de même quelques appréhensions avec ces serpents qui rodent et qu’elle espère vraiment que le tipi soit bien isolé pour ne pas qu’ils rentrent à l’intérieur.  Max la rassure en lui disant de ne pas s’inquiéter car les serpents ne pourront pas rentrer sauf qu’au moment d’ouvrir la porte de notre habitation, que retrouvons nous dans le tipi? Un beau crapaud en plein milieu qui prend tout de suite la fuite en passant par un trou présent sur le coté… Max est bien entendu mort de rire pendant que Joh se demande comment elle va pouvoir dormir sereinement durant la nuit, elle en profite de plus pour retourner plus d’une fois le lit et les couvertures pour s’assurer qu’aucun de ces reptiles ne soit cachés ce qui amuse beaucoup Max 😛 Malgré ce petit détail, ces tipis sont juste magnifiques : de beaux lits en bois avec des peintures d’animaux, une literie bien plus confortable que celle connu auparavant et un éclairage à la bougie, nous sommes méga fan!

 

 

 

 

Nous constatons qu’il y a des douches à l’autre bout du camp et après plus de 5 jours sans en avoir pris une vrai nous sommes aux anges 😀 Nous nous empressons donc d’aller nous rafraichir avant le diner au restaurant sauf qu’une fois sous la douche on constatera qu’il n’y a qu’un fil d’eau qui tombe et que cette dernière est relativement froide 😛 Fausse joie ! On se lavera donc comme on peut (on oubli bien sur le lavage de cheveux pour les filles). Encore un endroit ou l’on se rend compte que la sécheresse est bien présente. On en profite par la suite pour explorer un peu les lieux, le temps est toujours menaçant ce qui donne à l’endroit un petit coté mystérieux.

 

 

 

 

 

Au cours du diner, on nous annonce qu’il est possible de recharger notre matériel électronique pendant une heure seulement car par la suite le générateur s’éteindra. On en profite donc car les chargeurs d’appoint et solaire ont tourné pendant 5 jours, il est temps de recharger toutes nos batteries 🙂 Nous terminons la soirée par la suite en jouant au volley avec la famille mongole qui tient le camp et quelle famille des plus sympathiques! Nous passons avec eux un excellent moment et on peut dire une chose : les mongols sont vraiment doués au volley, nous nous prenons une belle raclée 😛 Joh se retrouve même a avoir peur de la balle tant leurs lancées sont puissants, elle se fera même gronder par le père de famille car elle passera son temps à fuir la balle 😛 Au final on aura crée plus de liens ici qu’avec la famille nomade qui nous hébergeait dans la vallée de l’Orkhon. Les camps peuvent donc également être d’excellents endroits pour tisser des liens. La partie dure jusqu’à la tombée de la nuit, moment ou nous rentrons à l’intérieur du restaurant pour partager tous ensemble une bière ou un coca. Nous garderons de ces instants de magnifiques souvenirs. Au cours de la nuit, bonne nouvelle, aucun serpent ! Mais Joh s’est tout de même réveillée avec une énorme araignée en face d’elle 😛

 

 

Samedi 16 juillet 2017 : Parc National de Khögnö Khan et Parc National de Khustaï

 

C’est après un bon petit-déjeuner que nous partons avec un éleveur en balade à cheval pour rejoindre le monastère Erdene Khambiin Khiid. La balade se fait tranquillement au pas et on apprécie. Il s’agit de notre dernière chevauchée en Mongolie alors nous profitons pleinement de ce cadre exceptionnel qui nous entoure. L’allée retour nous prendra 2h.

 

 

 

 

 

Le monastère se situe sur la montagne Zanabazar non loin de quelques yourtes. Le lieu est très silencieux et nous constatons de suite, vu les ruines des alentours, que cet endroit a un vécu important. A son apogée, le monastère pouvait héberger plus de mille lamas en même temps mais aujourd’hui il n’est plus en activité, les moines y viennent juste une à deux fois par mois pour des cérémonies religieuses.

 

 

 

 

 

 

Voici une petite histoire concernant ce lieu (texte pris sur le site d’Horseback Mongolia)

 

« En 1688, le roi Galdan Boshigt (Mongolie occidentale) entre en désaccord avec Zanabazar (Mongolie centrale), le premier ne souhaitant pas, contrairement au deuxième, se soumettre aux Mandchous (peuple chinois qui a dirigé la Mongolie à l’époque). La dispute se transforme en une guerre durant laquelle le roi cherche à tuer Zanabazar. Il arrive à Khögnö Tarinii Khiid mais ne l’y trouve pas. Dans sa colère, il fait mettre tous les moines à genoux et leur coupe la tête. En mongol, cet acte de mise à mort se nomme « Khögnö », ce qui a donné son nom aux lieux environnants ».

 

On constate en effet en descendant du monastère, des murs criblé de balles, des restes d’anciennes maisons, Khuiga nous apprend alors que c’est ici que la plupart des moines ont été décapité. L’atmosphère est ici particulière mais le cadre garde son coté grandiose, notamment la vue depuis le monastère sur l’immensité du territoire.

 

 

 

 

 

 

Une fois de retour au camp nous déjeunons et il est temps pour nous de quitter le Parc National de Khögnö Khan et de dire au revoir à cette famille si accueillante. Notre passage dans ce parc aura été un véritable coup de cœur, nous aurions même aimé pouvoir y passer un peu plus de temps pour pouvoir nous balader d’avantage parmi les immenses rochers. C’est donc avec une pointe de nostalgie que nous nous dirigeons à présent vers le Parc National de Khustai dans la province du Tov ou nous mettrons 3h30 pour faire 210km. Ce parc était à la base une réserve naturelle de 506km carré et en 1998 elle devint un parc national ayant comme objectif la réintroduction des chevaux de Przewalski, (ou « takhis »). Pour en savoir plus sur ce petit cheval endémique de la Mongolie clique ici.

 

 

 

Nous en profitons pour faire un genre de safari avec notre van, afin d’aller les observer. La Mongolie est le seule pays au monde qui permet de voir le cheval de Przewalski à l’état sauvage. Ici interdiction de domestiquer cet équidé, il doit rester libre et de nombreux gardes tournent afin que ces derniers restent dans le parc national pour qu’ils ne se reproduisent qu’entre eux. Notre safari débute au coucher du soleil car en général les takhis descendent des montagnes à cette heure là pour aller s’abreuver dans les quelques points d’eau. Nous ne tardons pas à en croiser et avons même le droit de sortir du véhicule pour tenter de nous approcher afin de les prendre en photos.

 

 

 

Le moment est très sympa mais ces chevaux sont craintifs, il convient donc de s’en approcher tout doucement. On réussira à observer un groupe avec des poulains à à peine 10m de nous pendant plusieurs longues minutes, nous nous estimons chanceux. Nous avons même la chance d’apercevoir quelques marmottes mais pas de loup ni de lynx. Ces derniers sont extrêmement rares à voir.

 

 

 

 

Une fois l’observation terminée nous repartons direction la capitale. A la base nous devions dormir chez une famille nomade mais cette dernière se trouve à 130km de l’aéroport et le lendemain notre vol pour le Gobi est à 6h30. Pour éviter toutes complications liées à ce départ : panne sur la route par exemple, nous préférons aller directement en ville afin d’y passer la soirée puis nous dormirons à l’aéroport sur des chaises (et oui c’est ça l’aventure).

 

Cette soirée, on en parle dans notre article sur Oulan-Bator.

 

Sur la route, nous avons de nouveau le droit à un magnifique arc-en-ciel et nous nous arrêtons manger chez un genre de routier en bord de route ou nous mangeons un genre de macdo mongol (article à venir sur l’alimentation en Mongolie).

 

 

 

 

 

 

 

C’est ici que se termine notre aventure dans le centre de la Mongolie. Malgré certains évènements qui ne se sont pas déroulés comme convenu, nous garderons un excellent souvenir de notre passage en ces lieux. A nos yeux, nous aurons cependant retiré la journée pour aller aux sources de Mogoit dans la Vallée de l’Orkhon pour la remplacer par une journée supplémentaire dans le parc national de Khögnö Khan. Lors de notre prochain article, nous nous envolerons pour la dernière étape de ce voyage extraordinaire : le Désert de Gobi, lieu qu’il nous tarde de découvrir!

 

 

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4 réflexions au sujet de « Mongolie centrale, deuxième partie »

  1. Wahou les paysages sont incroyables ! J’ai adoré te lire. C’est vraiment dommage que la ballade à cheval se soit ainsi terminée. Vous avez été courageux. Je n’aurais pas tenu un quart d’heure 😂
    Il ne reste plus qu’à espérer que le tourisme de masse ne détruise pas tout ça, mais ça a l’air déjà bien en route 🙁
    Par contre les tipis ont l’air juste magiques !

    1. Merci Sandra 🙂 On espère également que le tourisme de masse ne détruira pas ce si beau pays mais à notre avis d’ici 5 à 10 ans ce dernier prendra malheureusement le dessus… On le voit bien ici avec la balade à cheval ou tout s’est déroulé à la vitesse de l’éclair (et nous avons connu plus ou moins la même chose dans l’Arkhangai lors de notre balade jusqu’au volcan). Tout dépend vraiment sur quel éleveur tu tombes, ça joue énormément sur la réussite d’un séjour là-bas.
      Les tipis ont été un énorme coup de cœur, on aurait vraiment aimé passer une deuxième nuit 🙂

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