Mongolie

L’Arkhangai en Mongolie centrale

 

L’Arkhangai, c’est un peu le passage obligatoire pour tout voyageurs, surtout lorsque c’est la première fois que l’on vient en Mongolie. Cette province rime souvent avec galops dans les steppes et rencontre avec les familles nomades. C’est ici que tu découvriras les belles steppes vallonnées et verdoyantes qui collent tant à la peau de ce pays, mais sache qu’il n’y a pas que ça. Le centre de la Mongolie nous aura surpris plus d’une fois de part ces paysages époustouflants, qui, par moment, nous donnait l’impression de traverser plusieurs pays à la fois

 

 

Jeudi 6 juillet 2017 : Steppes sauvages du nord 

 

C’est aux alentours de 9h que nous quittons le camp d’Alag Tsar dans le Khövsgöl au nord du pays. Cet endroit nous aura tellement fasciné qu’on le quitte tout de même avec une pointe de nostalgie même si d’un autre coté, nous avons hâte de découvrir la suite. Cette journée « route » se déroulera toujours dans la province du Khövsgöl afin de rejoindre l’Arkhangai. La route pour rejoindre Mörön est toujours aussi chaotique qu’à l’allée sauf que cette fois ci nous avons le soleil et c’est tout de même beaucoup plus sympa.

 

 

Une fois arrivée en ville à la mi journée, notre guide part faire quelques courses pour la suite du voyage et nous laisse en attendant à la réception d’un hôtel qui a le wifi (histoire que l’on puisse donner quelques nouvelles à nos proches). La ville de Mörön est sous forme de quadrillage ou toutes les rues semblent être parallèles les unes des autres. On y trouve quelques hôtels et supermarchés et elle est entourées par de grandes collines. Ces dernières sont sèches, on note ici qu’il n’y a pas d’herbe ce qui donne un aspect assez aride et désertique des alentours. C’est surprenant, car autour du lac Khövsgöl tout était on ne peut plus « vert ».

 

 

 

Une fois les courses faites, nous sortons de la ville et allons nous poser quelques km plus loin, histoire de déjeuner en mode pique-nique dans la steppe. Nous nous installons au bord d’une rivière et sommes très surpris du cadre qui nous entoure, par moment on se croirait limite dans un désert. Les collines sont de couleurs terre et sable, on note quelques touffes d’herbe qui poussent un peu partout (ces dernières ressemblent limite à des plantes grasses et mieux vaut ne pas s’asseoir dessus car ça pique). Ce paysage semi lunaire fait bien évidemment ressortir le bleu de la rivière et avec ce soleil c’est juste extra, on mange dans un cadre ou l’on en prend plein les yeux.

 

 

 

 

Par moment nous apercevons des camionnette avec à leurs bords un nombre incalculable de chevaux tous entassés les uns sur les autres. On apprendra que ces personnes les emmènent au village le plus proche pour participer aux fêtes du Naadam (une des fêtes les plus importantes du pays qui a lieu chaque année en juillet, article à venir sur le sujet). Avant de repartir, nous observons une jeune fille à pied, seule sur le bord de la route. Elle est couverte de la tête au pied pour se protéger du soleil qui ce jour là tape vraiment fort. Notre guide nous apprendra que c’est assez courant. Ceux qui vivent dans la steppe n’ont parfois pas le choix de faire plusieurs km à pied pour aller faire quelques courses de ravitaillement au village le plus proche et cela par tout temps.

 

 

Nous reprenons la route, et ce paysages semi désertique nous suit pendant un certains temps. On fait pas mal de pauses photos et observons pas mal de troupeaux (chevaux, chèvres, moutons…). Les troupeaux sont présents un peu partout en Mongolie et comme ils sont souvent sur les pistes mêmes il faut régulièrement utiliser le klaxonne pour faire bouger tout ce beau monde lors du passage du véhicule. Sauf que par moment, les animaux sont très à l’aise et ne bougent même pas, alors il faut ou sortir et les forcer à se déplacer, ou les contourner.

 

 

 

 

 

Nous poursuivons par la suite avec une belle montée à travers cette fois ci une foret de mélèzes des plus belles. Encore un paysage différent alors que quelques instants auparavant c’était limite le désert.

 

 

 

 

 

 

 

Une fois au sommet, nous dépassons les 2000m d’altitude et le panorama est bien beau. On croise un mini village qui se compose de même pas dix maisons et d’un panneau de signalisation, qui sur le coup nous fait bien rire car à quoi bon au milieu de toute cette nature 😛

 

 

 

 

Nous continuons la route pendant une bonne heure et ne croisons aucun signe de vie : pas une yourte, pas un troupeau, rien ! C’est assez fou. On commence à arriver dans la steppe verte et vallonnée.

 

 

 

Après 260km effectués depuis le lac Khövsgöl (en 6h sans compter les pauses), nous voici enfin arrivés à Shine Ider ou nous allons passer notre première nuit chez une famille nomade (article à venir sur le sujet). Ici, on a un peu l’impression d’être perdus au milieu de nul part car après tout ce temps à rouler, c’est la première famille sur laquelle nous tombons. On se sent petits au sein de cette nature des plus vaste. Cette journée nous en aura vraiment mis plein la vue !

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 7 juillet 2017 : En route pour le Grand Lac Blanc de l’Arkhangai

 

Après une bonne nuit sous la yourte, nous voici repartis pour un des endroits emblématiques de l’Arkhangai : le Parc National de Terkhiin Tsagaan Nuur qui abrite deux pépites : le Grand Lac Blanc et le volcan Khorgo. Avant d’y arriver, nous avons cependant une nouvelle journée de route : 6h pour 180km! Nous mettrons bien 6h pour faire l’ensemble de la route sans compter les pauses, tant les pistes sont chaotiques. Faire de la route, ne nous dérange absolument pas. Alors oui, il faut être honnête, ça secoue pas mal dans le van car entre les nids de poules un peu partout et la piste à moitié déglinguée on dépasse rarement les 30km/h mais les paysages sont tellement grandioses que nous sommes à chaque fois subjugués par la beauté des alentours. Par contre, mieux vaut ne pas faire ce voyage si tu as des problèmes de dos car cela peut vite devenir problématique question confort.

 

 

 

Il doit s’agir de la journée ou nous croisons les paysages les plus lunaires et toujours sans aucun signe de vie autour, ce qui est pas mal impressionnant. Par moment nous roulons pendant 2 à 3h et pas une yourte, ni un troupeau, nous sommes dans un autre monde!  Une autre chose nous surprend, depuis que nous avons quitté Oulan-Bator, on ne croise aucun panneau de signalisation, la question qui nous vient est donc la suivante : Comment fait notre chauffeur pour se repérer ? On nous répondra qu’il a l’habitude et qu’il se dirige avec l’aide du soleil ! Ok mais lorsque ce dernier est absent ? « T’inquiète il à l’habitude ! » Ces réponses nous font sourires, on hallucine, on a limite l’impression d’être sur une autre planète.

 

 

 

Avant d’atteindre le Grand Lac Blanc nous arrivons au lac Khadat qui semble comme ça sortir de nul part. Ici nous quittons définitivement la province du Khövsgöl pour celle de l’Arkhangai. Ce petit lac semble perdu au milieu de nul part, au loin nous apercevons enfin une yourte et un troupeau de chameau de bactriane qui se balade autour du lac en total liberté. Ce sont les premiers chameaux que nous voyons (nous qui pensions en trouver uniquement dans le Gobi et bé non).

 

 

 

 

Une fois au bord du lac, notre guide n’hésite pas à aller piquer une tête, histoire de se rafraichir (la veille nous n’avons pas eu de douche). L’eau est cependant à moitié salée, on peut d’ailleurs apercevoir de belles traces blanches sur le rivage, ce qui nous fait penser à de l’écume. Nous concernant, nous ne nous jetterons pas à l’eau car assez fraiche et l’effet salée ne nous attire pas vraiment. Le cadre est enchanteur, nous n’entendons pas un bruit, toute cette nature semble figée, nous sommes fans!

 

 

 

 

Quelques km plus loin, nous nous arrêtons en hauteur pour pique niquer. Qu’est ce qu’on aime ce type de pause. En gros tu as faims et bé hop on s’arrête là, en pleine, nature, on sort le matoss pour manger et on casse la croute! Ici, clairement, on fait ce que l’on veut. L’endroit ou nous nous posons et à nouveau désert mais cette fois-ci nous passons du paysage lunaire au cadre très verdoyant avec de très jolies paysages. Au loin en contre-bas, nous apercevons un éleveur qui rassemble son troupeau avec une moto, c’est original. On se serait plus attendu à ce qu’il soit à cheval mais non, après tout les motos sont assez courantes dans le pays, on en croise de temps à autre lors de nos moments sur la route.

 

 

 

 

 

 

On reprend la route et l’ambiance dans le van est au beau fixe, nous avons le droit aux chants mongols de notre guide et chauffeur, comme très souvent d’ailleurs. Nous sommes en total immersion 🙂 Depuis que nous sillonnons le pays dans le van, nous sommes surpris de voir le nombre de rivières asséchées. Ici on voit souvent le creux dans la terre qui serpente dans la steppe mais pas d’eau à l’intérieur. Khuyga nous explique alors que cette saison est très sèche et que le pays manque d’eau particulièrement dans le Gobi, au sud, ou il n’a pas plus depuis janvier 2017 (et nous sommes en juillet…). C’est pour cette raison que plusieurs rivières sont complètement à sec. Cela est très dur pour les nomades car les animaux sont dans l’ensemble assez faibles : l’hiver fut rudes (plus de 30 000 sont décédés courant 2016/2017 à cause du froid glacial) et la saison estivale est maintenant très sèche, ce qui n’arrange pas les choses… Cette situation inquiètent d’ailleurs beaucoup de locaux. Ici on se rend clairement compte à quel point il est essentiel de ne pas gaspiller ce bien si précieux qu’est l’eau ! Beaucoup de familles nomades ont du, cette année, se déplacer différemment des années précédentes pour justement aller aux endroits ou l’eau est présente.

 

 

 

 

 

Nous rejoignons finalement une rivière (pas très épaisse) devant le village le plus proche avant d’arriver au lac blanc. Ici on sent que les locaux qui y vivent n’ont pas l’habitude de recevoir des étrangers. Notre guide s’arrête pour faire quelques courses et par moment, nous nous sentons un peu dévisagés.

 

 

 

 

 

Khuyga nous offre des glaces au lait de yak. Sous cette chaleur, nous sommes tout contents mais le gout reste tout de même assez fort, une nous suffira amplement. On notera également les animaux qui se baladent un peu partout en liberté dans le village, notamment chèvres et moutons, par moment c’est un beau bazar avec les véhicules autour.

 

 

 

Encore plus d’une heure de route avant d’arriver à la guesthouse ou nous passerons deux nuits devant le grand lac blanc. Une fois le lac en vue, nous sommes sans voix c’est juste waou! Ce dernier se situe à 2060m d’altitude et s’étend sur 16km de long pour 4 à 10km de large et il est entouré de volcans éteints. Nous arrivons par une petite piste qui surplombe une partie de lac, c’est spectaculaire!

 

 

 

 

Après quelques pauses photos, nous arrivons à la guesthouse qui ressemble plus à un camp de yourte et ici, à première vue, nous sommes déçus! Et oui, ça arrive! Ce qui nous déplait, c’est que l’endroit ou nous dormons possède plusieurs camps de yourtes autour et ça fait vraiment rassemblement de touristes… De plus avec le début des fêtes du Naadam, beaucoup de mongols sont ici en vacances pour faire la fête et nous avons le droit à de la musique à fond jusqu’à tard dans la nuit. Nous qui avons passés nos premiers jours dans une nature des plus silencieuse et surtout en étant quasi seuls au monde, ici ça fait tout de même bizarre de se retrouver avec tout ce bruit et ces vas et vient permanent de voitures (bien que le cadre soi très beau).

 

 

 

 

Samedi 8 juillet 2017 : Le Grand Lac Blanc de l’Arkhangai et l’ascension du volcan Khongor

 

Au programme du jour : balade à cheval jusqu’au volcan Khorgo et ascension à pied de ce dernier. C’est donc aux alentours de 10h que nous partons sur nos montures avec un éleveurs du coin et d’entrée, notre guide nous annonce qu’il n’aime pas cet éleveur. Sur le coup on se demande un peu pourquoi car ce dernier est tout souriant mais le guide nous annonce qu’il ne le sent pas. C’est donc sur cette incompréhension que nous commençons notre balade. Il y a toujours autant d’agitation autour des yourtes. Nous commençons par monter sur une colline et d’en haut nous avons une très belle vue : d’un coté le lac et de l’autre le volcan. Nous mettons environ 1h pour atteindre le volcan au pas. Le terrain est pas mal accidenté, on sent que la lave à couler un peu partout il y a de ça 8000 ans, date à laquelle le volcan s’est éteint. Le chien de l’éleveur nous suit pendant que nous sommes à cheval et ce dernier n’hésite pas à courser les voitures qui nous doublent, ce que nous trouvons dangereux car plus d’une fois il s’en est fallut de peu pour qu’il passe sous les roues… On sent que l’endroit est beaucoup plus touristique que les précédents lieux ou nous sommes passés. Nous croisons beaucoup de bus qui font la navette des yourtes au volcan principalement avec des touristes chinois et coréens.

 

 

 

Une fois arrivés au pied du volcan, nous laissons nos montures à l’éleveur, qui soi disant, devait se charger de surveiller nos affaires le temps de l’ascension. Nous en profitons pour acheter quelques bouteilles d’eau au petit marché locale qui se tient juste avant de commencer la marche et à ce moment là, nous voyons notre éleveur qui s’en va avec d’autres personnes sur nos chevaux laissant nos affaires (sweet, casque etc) seuls, pendus aux arbres…  Notre guide s’empresse alors de lui demander ou il va et ce dernier lui répond simplement qu’il en profite pour faire faire une balade à cheval à d’autres voyageurs le temps de notre ascension. Ce filou, comme l’appelle Khuyga, a donc reloué nos chevaux sur notre temps à d’autres personnes.

 

Nos affaires récupérées, nous partons pour le sommet du volcan, la montée s’effectue en 45min – 1h. Au sommet nous arrivons à 2240m d’altitude, le cratère mesure 200m de diamètre et la profondeur de ce dernier est de 70m. C’est réellement impressionnant ! Le panorama autour est également grandiose. Nous apercevons au fond, des rubans religieux de toutes les couleurs, sans doute pour montrer le coté sacré du lieu.

 

 

 

 

 

 

Il est possible de descendre dans le cratère, mais ce jour là, des touristes complètement stupides, s’amusent à balancer des pierres sur les gens qui descendent Nous décidons donc de ne pas tenter la descente jusqu’au bout

 

 

 

De retour au point de départ, nous repartons avec nos chevaux et l’éleveur non loin du volcan pour pique-niquer. Notre chauffeur nous attend avec le van, la table est déjà installé. Pendant le déjeuner, l’éleveur ne dit pas un mot, il jette d’ailleurs les 3/4 de son assiette à son chien sous les yeux énervés du guide. L’ambiance devient tendu. Lors du retour, toujours à cheval, nous sortons du chemin accidenté et notre souhait à tout les 3 est de galoper histoire de se faire plaisir. Notre éleveur n’est cependant pas réceptif au message du guide qui lui traduit notre souhait et on commence à comprendre pourquoi Khuyga ne l’apprécie pas. En réalité ce dernier n’est payé que pour trimballer les touriste des yourtes au volcan à cheval et il n’a clairement pas envie de faire d’efforts étant donné que son salaire va tomber coute que coute. Khuyga décide alors de marquer le coup en lui disant que si l’on ne galope pas, il contacte dans l’immédiat l’agence Horseback par téléphone pour leur dire que la balade ne se déroule pas comme convenu. A partir de ce moment là, bizarrement, notre éleveur change totalement  de comportement, nous faisant prendre un chemin plus long au bord du lac blanc pour réaliser un grand galop et là on peut clairement dire que les sensations sont au max! Nos partons pleine balle dans un grand et long galop dans des décors somptueux, nos chevaux n’attendaient d’ailleurs que ça car nous avions de plus en plus de mal à les canaliser au pas. Nous passons un super moment, ça fait un bien fou de parcourir ce décors à toute vitesse, la sensation de liberté est tellement belle.

 

 

 

De retour à la guesthouse, on sent que notre guide passe un savon à l’éleveur. Traduction :

 

L’éleveur : « Toi tu es différent des autres guides car normalement les autres s’en moquent de ne pas galoper »

Le Guide : « Moi je suis comme je suis et je souhaite avant tout que mes clients vivent une belle expérience. Si tu continues à faire ce que tu fais, plus aucun touristes ne viendra te voir pour monter à cheval car tu es un filou. Lorsque l’on accueille des étrangers il faut le faire bien pour leur donner envie de revenir, sinon il faut rester chez soi. N’oublie pas que c’est grâce à eux que tu gagnes de quoi vivre ».

 

Au moins c’est dit! On voit vraiment que notre guide fait tout pour nous faire plaisir et on ne le remerciera jamais assez pour cela. Il nous explique par la suite que ce type de comportement est courant en Mongolie… Le tourisme ne se développe que depuis 20ans et certains ont vite compris qu’avec les touristes ils pouvaient gagner plus d’argent. Malheureusement, tout les éleveurs ne sont pas très honnêtes et celui la en fait partie. Pour Khuyga, il ne faut pas hésiter à remettre en place ces gens là, car avec ce type de comportement, le pays ne pourra pas se développer convenablement sur le plan touristique.

 

Nous terminons notre journée en allant nous baigner dans le lac. L’eau est bien fraiche mais cela fait trois jours que l’on se nettoie à la lingette, un coup d’eau est donc parfait. Nous ne pouvons cependant pas nous savonner car se laver à même les lacs, rivières etc est interdit en Mongolie car l’eau de ces endroits est considérée comme sacrée. Par la suite, nous allons nous balader aux alentours et montons sur une des plus hautes collines pour avoir un panorama sur le lac et waou, que nous avons bien fait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 9 juillet 2017 : sur la route pour les sources chaudes de Tsenkher

 

Aujourd’hui, nouvelle journée route et nous ne sommes pas mécontents de quitter le lac blanc, l’endroit est certes très beau mais un peu trop touristique à nos yeux. La route est toujours aussi belle, les paysages changent en permanence et on commencera par faire une pause pour voir le canyon qui longe la route après le lac. On constate ici que l’eau coule toujours aussi peu…

 

 

 

 

Nous avons la chance par la suite de tomber sur un petit village qui organise les festivités du Naadam (article à venir sur ce sujet). Nous assistons à une arrivée de courses de chevaux, quel spectacle! Et c’est également en ce lieu que nous buvons notre premier « airag » (lait de jument fermenté) et là… autant dire que nous sommes à deux doigts de tout recracher! On se demande toujours comment cette boisson peut avoir autant de succès en Mongolie. L’odeur et le gout sont pour nous infectes mais c’est une expérience.

 

 

 

 

Nous reprenons la route jusqu’à Tsetserleg, capitale de la province de Arkhangai ou nous déjeunons dans petit restaurant locale. Cette petite ville se compose de 20 000 habitants et se situe au creux des montagnes de mélèzes. Dans le centre, la circulation reste comme à Oulan-Bator, assez chaotique. Le code de la route n’est pas vraiment respecté, ça klaxonne et ça roule dans tout les sens, sans compter les animaux qui se baladent en total liberté (vache, chèvre etc). C’est assez original de voir tout ce mouvement alors qu’autour il n’y a que de la steppe à perte de vue.

 

 

 

Après un déjeuner sous l’orage, nous filons au musée de Zayan Gegeen qui est en réalité un ancien monastère, inspiré du style tibétain. Nous y découvrons des objets de culte, une salle consacré à la faune et la flore, l’histoire moderne de la région. Des stèles sont également exposées, la plus ancienne date de 582. En sortant, nous constatons que le wifi est présent dans le hall d’entrée, nous en profitons pour donner quelques news rapides à nos proches avant de repartir faire quelques courses au supermarché du coin. Khuyga en profite pour acheter une moitié de chèvre et ce dernier la trimbale dans un simple sac en plastique, elle voyagera d’ailleurs à ces pieds pendant les jours à venir jusqu’à ce qu’on la mange. Ici pas d’inquiétude à avoir car la viande est bouillie, il n’y a donc pas de risque de tomber malade même si à première vu nous sommes surpris de voir les conditions de transport de cet animal…

 

 

 

 

 

A la sortie de la ville, nous nous arrêtons à la source sacrée. D’après la légende, boire son eau permettrait de guérir les maladie de l’intérieur notamment de l’estomac, du foie et de la digestion. Nous nous prêtons au jeu, notre guide rempli une bouteille d’eau et nous l’offre. L’eau est glacée mais on sent qu’elle est très pure. Ici pas besoin de pastille pour purifier l’eau.

 

Nous terminons notre journée au camp de yourte Hot Spring Resort Shiveet Mankhan  après avoir fait un total de 5h de route (pour 200km). Ce dernier se situe dans un très jolie cadre verdoyant au milieu des collines et des mélèzes. On sent que le coté touristiques est présent car il y a facile 5-6 camps de yourte autour des sources chaudes mais à l’inverse du Lac Blanc l’endroit est beaucoup plus calme, nous aimons beaucoup.

 

 

 

Le Resort est assez haut de gamme et nous sommes surpris de trouver tant de modernité : deux petites piscines ou l’eau des sources remonte directement, de très beaux sanitaires, une salle de massage, un restaurant très jolie. Nous avons de plus l’électricité et une prise sous notre yourte, bonne nouvelle, nous allons pouvoir charger  nos appareils électroniques.

 

On profite de la fin de journée pour se détendre dans la piscine d’eau chaude et ça fait un bien fou.

 

 

 

On rencontre également un autre groupe d’Horseback qui est présent ce soir là. On en profite pour se doucher et laver quelques vêtements (avec le feu dans la yourte le soir, il sècheront très vite).

 

 

 

Après 4 jours sans se laver on peut dire que nous sommes aux anges sous la douche. Lors du diner au restaurant, nous apercevons au loin un petit monsieur, tout fin, sans doute d’une quarantaine d’années qui porte le del (tenue traditionnelle mongole). Ce dernier arrive à notre table et se présente en mongol car il ne parle pas français. Notre guide nous informe alors qu’il s’agit de Nirgui et que c’est avec lui que nous partirons 3 jours à cheval en bivouac des le lendemain. Nirgui est un éleveur de chevaux et il a fait 50km à cheval avec nos 4 chevaux qui suivaient derrière pour venir jusqu’ici. Nous sommes surpris d’imaginer un si petit homme gérer à lui seul 5 chevaux (avec le sien) en pleine steppe sur autant de distance. Nirgui est très souriant et il nous tarde de le connaitre d’avantage, il nous inspire toute suite confiance, rien à voir avec l’éleveur précédent. Khuyga nous annonce d’entrée que ses chevaux sont beaucoup plus speed et nerveux que les chevaux que nous avons montés jusqu’à présents et là, on se dit clairement que les 3 jours à venir risquent d’être « sport » 😛

 

 

 

 

 

Dimanche 10 / Lundi 11 / Mardi 12 juillet 2017 : Randonnée équestre en itinérance dans le Khangai

 

1ère journée

 

Après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner sucré/salé nous voila parti  avec notre éleveur pour 3 jours de cheval dans la chaine de montagne du Khangai. Avant de monter, Khana, notre chauffeur nous offre un petit verre de vodka. Sur le coup on se demande pourquoi, et bien tout simplement pour célébrer le Naadam. L’humeur est très joyeuse entre les chauffeurs des différents groupes Horseback, ça fait plaisir à voir. Une fois le verre avalé (avec quelques difficultés pour Joh car que c’était fort!) nous voila partis sur nos chevaux et on sent tout de suite qu’ils sont beaucoup plus vifs que les précédents, nous assistons même à une chute spectaculaire d’une jeune fille d’un autre groupe dont le cheval est parti au galop comme un fou subitement. Heureusement, plus de peur que de mal mais on va dire que sur le coup, ça refroidi un peu tout le monde.

 

Cette première journée se déroule finalement à merveilles, nous en prenons plein les yeux. Le paysage possède un relief impressionnant et par moment nous arrivons en haut de grandes collines avec une vue à couper le souffle. L’entente avec nos chevaux est parfaite (et tant mieux car nous allons tout de même passés 3 jours avec). Nous jonglons entre pas, trot et galop mais ici ce ne sont pas les galops que l’on avait pu faire avant mais les graaaaaaands galops, celui ou tu pars à fond et ou tu ne sais pas ou tu vas t’arrêter tant la steppe est interminable. On sent d’ailleurs que les chevaux n’attendent que ça, celui de Joh est le plus petit des 5 et pourtant il est particulièrement speed, comme une impression d’être sur une trottinette branchée sur cent mille volt! 😛 Que de sensations! Nirgui, notre éleveur est de plus très sympathique, il ne cesse de sourire et de chanter des chants mongols, par moment il nous demande même de lui chanter des chansons françaises. Malgré la barrière de la langue, nous passons un super moment avec lui : des sourires, des rires, des chants il suffit finalement de pas grands choses pour briser cette barrière du langage.

 

 

 

 

Le midi, petite pause déjeuner au sommet d’une colline, nous sommes seuls au monde. Khana est présent avec le van et un autre groupe d’Horseback, de 10 personnes nous rejoint, celui ou la jeune fille était tombée le matin même. Malheureusement pour eux, ils sont tous descendus de cheval de peur de tomber, leur éleveur se retrouvent donc avec ses deux fils à devoir gérer les 10 chevaux et c’est un spectacle de les voir arriver au trot tous ensemble : les 3 à cheval et le reste des équidés qui suivent derrière attachés avec des longes. Ce midi, notre guide est content car il nous prépare… une marmotte! Oui oui tu as bien lu, une marmotte! Cette dernière lui a été offerte quelques jours auparavant et il avait pris le temps de la cuir la veille, loin du camp de yourte pour éviter que l’odeur n’attire la foule.

 

 

 

A savoir : en Mongolie, la marmotte est un animal protégé, il est normalement interdit de la chasser sauf que les mongols en raffolent. Il y a donc souvent des exceptions à la règle (mais tout se fait dans le plus grand des secrets).

 

En plus du repas prévu, nous avons donc le droit ou plutôt comme dirait les mongols,  le privilège, de gouter la fameuse marmotte. Max trouve ça très bon mais pour Joh c’est une autre histoire, elle tombe sur un bout assez gras qui ressemble à du caoutchouc… hum ce fut long à avaler. Un morceau lui suffit amplement. Khuyga notre guide en profite en ce jour de Naadam pour nous faire une démonstration de la danse de l’aigle (danse que font les lutteurs avant le début du combat).

 

 

 

Nous repartons l’après-midi sur nos montures laissant l’autre groupe dans le van. En cours de route nous croisons une rivière et nous nous retrouvons en plein troupeau de yak. On a limite l’impression de rassembler les troupeaux à cheval c’est excellent. Nous faisons une pause au pied de la rivière ou notre éleveur va piquer une tête. On est un peu bouche bée sur le coup car l’eau est bien froide et il y est rentré comme si elle était à 27°C… Il ressort et se rhabille directement sans vraiment prendre le temps de se sécher. Notre guide fait pareil et nous fait comprendre que si nous voulons une genre de douche, c’est maintenant. Oué, sauf que les nuages deviennent assez menaçants et vu la température de l’eau notre réponse est négative. Tant pis, nous nous laverons à la lingette ce soir, on commence à avoir l’habitude 😛 Avant de repartir nous entendons un bébé chèvre qui crie, ce dernier s’est perdu au sein des yak et ne retrouve pas sa mère. Khuyga décide de la prendre avec lui à cheval et de la déposer à la famille nomade la plus proche. Nous voila donc partis avec mini chèvre qui ne fait que jaillir et qui par la même occasion a les fesses pleine de crottin, elle en mettra un peu sur les vêtements de notre guide, hum sympathique 😛 Un mongol ne laissera jamais un animal en détresse et ça on aime!

 

 

 

 

30 minutes plus tard, Nirgui nous annonce qu’il connait une famille nomade qui vit non loin et il souhaiterait que nous la rencontrions. C’est bien évidemment avec un immense plaisir que nous acceptons, car ceci n’était absolument pas prévu. Nous arrivons quelques instants plus tard devant 3 yourtes ou vit une famille entière : des grands parents aux enfants. Nous sommes invités à entrer. Khuyga a bien sur déposé le bébé chèvre dans un de leurs enclos faisant ainsi le bonheur des plus jeunes. Une fois à l’intérieur, on nous demande de nous assoir sur un genre de lit, coté gauche. Nous constatons que chaque chose à sa place : au fond le coffre familial avec tout les objets de valeurs de la famille, à droite de l’entrée le matériel pour la cuisine, au centre un poêle. Il y a énormément de photos, certains membres de la famille ont de très beaux uniformes, on nous apprendra qu’ils vivent désormais à Oulan-Bator car ils jugent la vie nomade trop dur. La mère de famille nous offre du thé salé au lait de yak et bien évidement nous avons le droit au fameux « airag » que nous détestons tant mais par respect pour la famille nous trempons tout de même nos lèvres dans le bol qui passe de personne en personne. On nous offre également un genre de gâteaux secs avec de la crème de beurre et la mère de famille nous prépare même un gâteau à base de lait, sucre et farine sous nos yeux pour nous souhaiter la bienvenue. Ce dernier est délicieux. Ces gens vivent avec trois fois rien et ici nous sommes accueillis comme des rois, c’est vraiment incroyable. En face de notre lit, deux enfants en bas âge ne nous prêtent aucune attention car ils sont scotchés sur une tablette ce qui désespère notre guide qui nous annonce : « Voici à quoi vont ressembler les futurs générations »…

 

 

 

 

 

 

Nous restons environ 45min sous la yourte avec cette famille et notre guide nous traduit ce qu’il se dit. Nous nous présentons et constatons à quel point leur mode de vie est difficile : très peu d’eau, des animaux affaiblis, des jeunes qui préfèrent la ville au nomadisme, des traditions qui se perdent. D’ailleurs on nous apprend que les enfants respectent de moins en moins les comportements à adopter sous la yourte, le temps qui passe est source de changement. Au moment de repartir, l’étalon de la famille vient sentir nos chevaux , histoire d’analyser qui a débarqué sur son territoire. Nos montures se laissent faire et tout se passe très bien. En repartant, nous remercions chaleureusement cette famille de nous avoir si bien accueilli et nous repartons le cœur plein de magnifiques souvenirs. Cette rencontre ne pouvait être plus authentique.

 

 

 

En fin de journée, on nous annonce qu’on va dormir ici, soit dans la steppe, au milieu de nul part, entre les immenses collines. C’est absolument fou! Qui aurait imaginé un jour que nous dormirions là, dans cette nature si vaste. Le mot aventure prend ici tout son sens et nous sommes plus que fans! C’est totalement le type de moment que l’on venait chercher en venant en Mongolie. Autour, il n’y a pas le moindre signe de vie, pas une yourte, seuls quelques chevaux sauvages qui broutent quelques mètres plus loin. Nirgui, notre éleveur, fait un tour des lieux, car il faut que ce dernier soi d’accord pour qu’on dorme ici, il cherche le meilleur endroit pour ses chevaux. C’est validé, nous sortons donc les tentes et c’est parti pour le montage. L’autre groupe a planté son camp à une vingtaine de mètre du notre. Max part par la suite avec Khana, notre chauffeur, pour chercher du bois avec le van dans la foret voisine afin de faire un feu en soirée. Khana est très joyeux, on voit qu’il célèbre bien le Naadam, c’est d’ailleurs Max qui prendra le volant du van afin de le ramener à bon port, un moment ou ils auront bien rigolé.

 

 

 

 

 

 

Lors du dîner, nous sommes tout les 6 : Khana, Khuyga, Nirgui, Sylvie et nous deux. Nous mangeons tranquillement quand d’un coup nous entendons des cris au loin. Sur le coup on se demande ce qu’il se passe et nous apercevons un mongol arriver au galop sur son cheval, ce dernier à l’air en colère, il est agité et fait des mouvements dans tout les sens. Il arrive au niveau de notre table de camping et se met à crier. On comprend qu’il se passe quelques chose mais quoi ? Khuyga nous apprendra qu’il est en réalité complètement ivre et qu’il se plaint car nous sommes sur ses terres (ce qui en vrai est totalement faux, vive les emprises de l’alcool 😛 ) Pour le calmer, notre guide lui propose de se mettre à table avec nous, chose qu’il accepte laissant son cheval juste devant nous. Et là, la scène est digne d’un film! Nous sommes à table avec un inconnu qui fini par se calmer en mangeant, bien qu’il parle toujours aussi fort, son cheval est juste sous notre nez en total liberté entrain de nous regarder manger et une fois le repas terminé, il décide de repartir sur son destrier sauf qu’avec l’alcool dans le sang ce n’est pas si simple. Après de durs efforts il arrive enfin à monter et part au galop comme un fou en se dandinent de droite à gauche, nous sommes scotchés!

 

Voyant nos têtes Khuyga nous annonce alors avec un sourire : « Rassurez vous, il va rentrer chez lui entier, c’est son cheval qui le guide, il a l’habitude »

Nous : « Ah c’est le cheval qui le guide? Mais en temps normal ce n’est pas l’homme qu guide le cheval? »

 

Khuyga éclate de rire. On comprend vite qu’ici les nomades naissent limite sur des chevaux, c’est fou.

Faut dire que chez nous ont voit jamais ce type de scénario 😛 et on a tout de même du mal à croire qu’il va réussir à rentrer chez lui vu l’état dans lequel il est 😛 mais après tout pourquoi pas si son cheval le guide ^^

 

 

 

Nous terminerons la soirée avec l’autre groupe, tous ensemble ensemble autour du feu. En l’honneur du Naadam, les guides, les chauffeurs et les éleveurs chantent l’hymne national mongol. S’en suivra par la suite, toute une série de chants traditionnels et quelques parties de lutte. Nous passons une excellente soirée! Encore un moment que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Aux alentours de minuit, le feu s’éteint doucement et c’est sous le claire de lune dans une nuit des plus noir que nous partons sous notre tente. Ici pas de lit de camp juste une housse contre l’humidité et nos duvets,  nous dormirons donc à même le sol et on peut dire qu’avec la fatigue de la journée, nous avons dormi comme des loirs. Pour ce premier jour de randonnée nous avons fait 50km à cheval (entre 5h et 7h)

 

 

 

 

 

2ème journée

 

Une nouvelle journée sous un soleil de plomb ou les galops à vive allures et les sensations sont encore au rendez-vous. Nos chevaux sont de plus beaucoup plus speed que la veille et celui de Joh devient de plus en plus dure à maitriser, on va dire que c’est très sport!

 

 

 

En fin de matinée, nous nous arrêtons chez une nouvelle famille nomade, perdue en pleine steppe. On nous offrira du thé  et quelques petits fromages séchés. Cet accueil, nous fait toujours halluciné, personne ne nous connait et pourtant nous sommes à chacun de nos passages chez les familles, traités comme des rois. Ici c’est de plus monnaie courante de s’arrêter dire bonjour car les voyageurs qui sont de passage dans la steppe sont rares et ils sont vus pour les peuples nomades comme venus de dieu.

 

 

 

 

 

Le midi, nous nous arrêtons au bord d’une rivière pour déjeuner et pendant qu’on se détend au bord de cette dernière, nous sommes envahis par un troupeau de yak qui décide de la traverser.

 

 

 

 

 

C’est assez fun, d’un coté les yak de l’autre des chevaux, sans oublier ces enfants relativement jeunes qui arrivent à deux sur un cheval au galop pour venir se baigner. Ici on s’amuse simplement avec la nature en profitant de ce qu’elle a à offrir.

 

 

Dans l’après-midi c’est une autre séries de galops qui nous attendent dans la steppe. Plus nous avançons dans notre périple et plus nous sommes entourés de paysages spectaculaires. Notre guide par pleine balle en poussant un grand cri, ce qui du coup motive les chevaux derrière à partir à fond. Joh avec son « speedy-gonzales » le rattrape en quelques secondes, que de moments magiques! Nous rattrapons l’autre groupe ou 3 personnes sont remontés à cheval, ces derniers sont au pas. Nous leur proposons un galop et ces derniers finissent par accepter et là c’est complètement dingue! Imagine une quinzaine de chevaux qui galopent à fond tous ensemble dans un cadre tout droit sorti de l’imaginaire. Un instant que nous n’oublierons jamais tant c’était top! Ce type de moment on avait pu le voir que dans les films avant notre départ sauf qu’aujourd’hui, nous sommes entrain de le vivre! Que ce soi les guides, les éleveurs ou nous mêmes, nous vibrons au rythme de la nature et le bonheur se lit sur le visage de chacun.

 

 

 

 

Le cheval de Joh est tellement chaud bouillant que l’éleveur décide pour le calmer de le prendre en longe, alors qu’il est lui même sur son cheval. Pendant environ une heure, le binôme Joh/Nirgui clôturera la marche en chantant et en tentant de temps à autre des galops cote à cote et ce moment là, Joh ne l’oubliera jamais. Tant de bonne humeur et de rigolades bien que le langage ne soi pas le même. Lors du dernier galop, Nirgui attrape Joh par l’épaule et prend ses rennes dans une seul main, Joh fait de même et que dire, qui aurait imaginé qu’elle galoperait comme ça bras dessus bras dessous avec un éleveur mongol, un vrai rêve. Des moments simples mais qui resteront gravés à jamais. Par la suite, le cheval de Joh est devenu beaucoup plus tranquille, juste incroyable! Comme disait Khuyga, les chevaux mongols savent faire la différence entre les touristes et leur éleveurs!

 

En soirée, nous plantons notre campement au pied de la colline d’Öndör Shireet à deux pas des stèles qui datent de l’âge de bronze (ce sont en réalité des tombes). Le cadre est beau et il y a quelques familles mongols qui campent comme nous. Ces dernières viennent d’Oulan-Bator et profitent des vacances d’été pour venir au Monastère de Tovkhon, au sommet de la colline que nous visiterons d’ailleurs le lendemain matin. Un petit canyon est présent à deux pas et nous en profitons pour nous passer un coup d’eau (car 2 jours que nous n’avons pas pris de douches). Pendant ce temps là, notre guide et notre éleveur partent rencontrer une famille nomade qui vit sous la yourte à une centaine de mètre de l’endroit ou nous sommes afin d’assister aux résultats des élections du pays. Oui c’est assez drôle, ils ne connaissent pas la famille et ils se pointent comme ça chez eux pour regarder une des rares tv que l’on peut trouver dans la steppe 😛 mais en Mongolie, c’est monnaie courante.

 

 

 

 

 

 

 

Lors du dîner, Nirgui et Khuyga sont de retour et notre éleveur en profite pour aller demander deux bières à la famille mongole d’à coté qui campe non loin. Après avoir mangé la famille en question nous fait signe de venir, en réalité il souhaite nous inviter pour partager le barbecue qu’ils viennent de préparer avec des pierres chaudes. Nous avons déjà mangé et bien rebelote, nous remangeons. Ce coté ou tout le monde s’invite, ou tout se partage… Que ça fait du bien! En France, c’est bien loin d’être ainsi. Nous passons la soirée avec eux et le repas est délicieux. Encore une chose qui n’était pas prévu au programme, les beaux imprévus de la Mongolie ^^ Une fois la chèvre mangé, la mère de famille offre à Joh les osselets de l’animal car en Mongolie ce jeu se pratique un peu partout.  Arrive par la suite le moment de la vodka et ici le rituel, c’est de boire un verre, de remettre de l’alcool dedans et de le passer à son voisin (avant de boire, ne pas oublier d’offrir quelques goute à Mère Nature pour honorer les esprits). Au début tout va bien, sauf qu’au bout de quelques verres on commence vite à voir en 16/9ème… 😛 et comme il est mal vu de refuser tout cela commence à devenir compliqué surtout pour Joh qui n’accroche pas du tout avec le gout très fort de cet alcool. Alors lorsqu’on lui tend le verre, elle jette le liquide discrètement sous sa chaise car sinon il y a de grandes chances de finir complètement bourré! Nous terminerons la soirée ainsi, à boire et à échanger autour du feu (on ne pouvait pas avoir plus authentique). La famille était honorée de nous rencontrer et nous aussi. Au moment de partir nous coucher on peut dire une chose : nous étions très joyeux! 😛 Heureusement que nous étions une petite dizaine à boire car deux bouteilles y sont passées 😛

 

 

 

3ème journée

 

Dernière journée de ce bivouac à cheval dans le Khangai. Le matin, nous partons vers 10h30, en direction du Monastère de Tovkhon. La montée est assez longue sur une piste caillouteuse et pleine de nid de poule (pas évident pour nos chevaux). On croisera de nombreuses familles mongols et des touristes chinois et coréens. Une fois arrivés, nous laissons nos montures au pied d’une autre colline, qu’il nous faut cette fois ci monter à pied. On commence à croiser les moulins à prière et nous passons par un arbre sacré ou les deux troncs sont reliés entre eux, c’est assez original!

 

 

 

 

Tout en haut, nous visitons le monastère ou tout est très coloré. Nous avons de plus une magnifique vue sur la vallée de l’Orkhon au loin. Pour aller observer les ovoos il faut limite escalader une partie de la colline et un des ovoos au sommet n’est accessible qu’aux hommes. Attention ici aux personnes qui souffrent de vertige.

 

 

 

 

 

 

 

On terminera cette journée en redescendant le tout et en partant en direction de la vallée de l’Orkhon, qui sera notre dernière étape dans l’Arkhangai. Encore de superbes galops!

 

 

 

 

 

A la fin, nous traversons une rivière ou un pont a été construit pour le passage des voitures et ce dernier est vraiment surprenant car aucune régularité sur la construction, il ressemble à une vague. C’est ici que notre aventure avec Nirgui prend fin, après 150km parcouru en 3 jours sur nos montures. Trois jours, ou nous avons vécu dans une nature des plus belles! Trois jours ou nous avons vécu les plus beaux moments à cheval de notre vie! Et surtout, trois jours en compagnie d’un éleveur que nous n’oublierons jamais!

 

 

 

 

 

Aux moments des adieux, nous en profitons pour lui offrir des petits cadeaux que nous avons ramené : petite fiole de parfum pour sa femme, des bonbons pour ses enfants, des stylos et cartes postales de Paris pour lui, des barres de céréales pour toute la famille. Nirgui est à ce moment là très touché, on voit que les larmes ne sont pas loin et il faut dire que chez nous aussi, ces dernières sont difficiles à contenir. Un moment dur pour nous tous, car nous savions à cet instant que nous ne le reverrions plus jamais. On se rend compte à quel point nous avons été chanceux de vivre de tels moments en sa compagnie : ces galops, ces sourires, ces chants, ces discussions autour du feu… Au final, ce sont des choses très simples, mais cette simplicité s’oublie de plus en plus dans le monde occidental dans lequel nous vivons. Alors on se dit que nous nous devons d’être heureux car nous avons eu la chance, pendant ces trois jours, de partager un petit bout de sa vie. Nous avons tout simplement eu la chance de revenir à la source des choses : le contact humain, le vrai! On le regardera monter sur son cheval, attraper les 4 autres en longe et repartir dans la steppe infinie aussi simplement qu’il était arrivé. On aura appris avec ces trois jours que derrière ce petit homme qu’on avait vu débarquer timidement le premier jour, se cache en réalité une sacrée poigne et un cœur énorme comme la terre. Ce moment fut le plus intense en émotion de tout le voyage.

 

 

 

 

Nous terminerons la journée en van avec environ 1h de route pour rejoindre la vallée de l’Orkhon dans la province de l’Ovörkhangai. Inutile de le préciser, mais le bivouac à cheval restera notre plus beau souvenir dans la province de l’Arkhangai.

 

 

L’Arkhangai sur une carte :

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