Mongolie

La région du Khövsgöl au nord de la Mongolie

 

Si tu viens en Mongolie, il faut absolument passer par la région du Khövsgöl afin de découvrir son lac du même nom. Cet endroit a été un véritable coup de cœur, nous y avons pris une énorme claque! Pourquoi? Tout simplement car nous étions à mille lieux de nous imaginer, trouver ce type de paysages en Mongolie! Nous avons croisé pas mal de locaux au cours de notre voyage qui nous ont d’ailleurs annoncé que cette région était leur préférée et on a vite compris pourquoi tant le cadre est féerique! Dans le pays, on surnomme également ce lieu « la Petite Suisse de Mongolie » car la Suisse se compose d’énormément de lacs et de montagnes mais également « La perle bleu » car son eau est si pure et claire que l’on pourrait la boire.

 

 

Deuxième plus grand lac du pays, le Khövsgöl et ses alentours font partie d’un Parc Naturel protégé et se situent à 1645m. Il est entouré par une douzaine de montagnes qui culminent à plus de 2000m d’altitude. Ce dernier s’étend sur  136km de long et 37km de large et sa profondeur peut atteindre par endroit 267m. L’hiver, le lac gèle, et il est possible de pratiquer le chien de traineau. Notre guide nous a également appris qu’il n’est pas rare de trouver au fond, les carcasses de certains camions ayant traversés la glace lors de la fin de la saison hivernale (début mai). On dit également du lac Khövsgöl  qu’il est le petit frère du géant lac Baïkal qui se situe dans la Sibérie russe à 195km.

 

Nous allons à présent te raconter les 2 jours et demi que nous avons passé sur place. Nous avons de plus eu beaucoup de chance car le soleil était présent sur 2 journées entières (étant proche de la Sibérie, le climat peut être assez frais et instable à cet endroit du pays. C’est d’ailleurs en ce lieu que nous avons vécu nos nuits les plus froides : 5°C

 

 

 

 

 

Mardi 4 juillet 2018

 

C’est au petit matin que nous faisons connaissance avec Khuyga dans le hall de notre hôtel à Oulan-Bator. Il sera notre guide pendant ces trois semaines d’aventure. Nous prenons donc la route de l’aéroport car pour rejoindre le Khövsgöl, à 750km de la capitale, nous avons un vol interne qui dure environ 1h15. Khuyga nous annonce que notre chauffeur est déjà sur place avec un van et tout le matériel logistique. Pour rejoindre cette région par la route, nous apprenons qu’il faut environ une petite semaine.

 

Une fois à l’aéroport ou nous sommes arrivés la veille, nous avons le droit à la pesée des bagages : soute et cabine ne doivent pas dépasser les 15kg par personne sauf qu’à nous deux nous sommes à 38kg, verdict : le kg supplémentaire est facturé 8000 Turgrik (presque 3€) par conséquent nous devons régler un petit supplément.

 

Une fois les contrôles de sécurité passés nous découvrons notre petit avion : un ATR72 de 68 places, nous volerons avec la compagnie locale Hunnu Air. C’est la première fois que nous prenons un avion si petit et on avait pu lire sur certains forums que c’était une expérience à vivre. La première chose qui nous impressionne : le bruit ! Un conseil, si tu dois un jour voler dans ce type d’engin, prend impérativement tes écouteurs car par moment ça monte un peu au crane (surtout lorsqu’on est assis comme nous du coté de l’aile ou se trouve l’hélice).

 

 

Le décollage secoue un peu, on sent quelques genre de « trous d’air » puis une fois tout en haut nous en profitons pour admirer le paysage qui malheureusement ne tarde pas se couvrir, on se retrouve vite dans un nuage. L’atterrissage est relativement calme et nous permet d’apercevoir le petit village de Mörön. Ici on a l’impression qu’un grand quadrillage avec des toits de toutes les couleurs a été planté comme ça, au milieu de nul part.

 

 

Nous arrivons à l’aéroport de Mörön ou nous sommes accueillis par Khana, qui sera notre chauffeur jusqu’à notre départ pour le Gobi dans 15 jours. Khana ne connait que quelques mots de français, c’est donc notre guide qui fera la traduction lors de nos échanges. Nous chargeons les sacs dans le coffre du van et la on découvre que ce dernier est déjà au trois quart rempli : table d’appoint, tentes, duvets, stock de nourriture, tout est prévu pour les 15 premiers jours de l’aventure. Nous prenons la route et de l’aéroport nous avons 130km jusqu’au camp de yourtes Alag Tsar ou nous passerons la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est ce qu’un camp de yourte ?

 

Un camp de yourtes est tenue par une famille mongole pour accueillir les touristes. Ce dernier possède en général un minimum de confort (en gros lorsque tu sais que tu dors dans un camp de yourtes, dis toi qu’il y a de grandes chances pour que tu puisses te doucher avec une eau à peu près chaude). Concernant l’électricité, tout dépend des camps, certains offrent des prises dans toutes les yourtes, d’autres uniquement dans quelques yourtes, certains proposent des prises uniquement dans le restaurant (à volonté ou sur quelques heures par jour). Il y a en général un bar et un petit restaurant avec self ou service à table.

 

 

La route depuis l’aéroport est plus que chaotique et pour faire les 130km qui nous séparent du camps de yourte, nous mettrons 3h. Oui, c’est assez courant en Mongolie, sur les pistes, on dépasse rarement les 40km/h et il faut également préciser que dans le van ça secoue pas mal et ça tremble de tout les cotés (attention donc aux personnes ayant des problèmes de dos). Par moment, nous passons dans des petites rivières et sur des ponts en bois (d’ailleurs nous nous sommes demandés à plusieurs reprises comment ces ponts tenaient car quand on voyait l’état du bois… ^^). En cours de route, notre guide nous annonce que nous faisons une pause pour déjeuner, notre chauffeur quitte donc la piste pour stopper le véhicule un peu plus loin dans l’herbe, au milieu de nul part. A ce moment la nous sortons, nous nous asseyons dans l’herbe et avons le droit à de très bons plateaux repas à base de poulet et de riz. Pendant la petite heure de pause, c’est le calme plat, pas une voiture ne passe, il n’y a personne, pas une habitation, rien, seuls quelques faucons qui tournent au dessus de nos têtes à attendre les os de nos cuisses de poulets. En Mongolie, toute la nourriture qui  n’est pas mangée doit être jetée dans la nature pour ainsi alimenter les animaux sauvages. On ne tardera pas à voir l’un des faucons descendre en flèche des la lancée d’un de nos os de poulet, c’est assez dingue! Une fois le ventre rempli, nous reprenons la route.

 

 

 

 

 

Malgré le temps gris qui règne ce jour, le paysage est très beau : c’est très vert, vallonné et plus nous avançons, plus nous découvrons la foret de mélèze qui nous entoure, le lac ne tarde pas non plus à pointé le bout de son nez. Nous croisons régulièrement des troupeaux d’animaux : yak, chèvres, moutons, vaches, taureaux, chevaux. C’est assez fou de les voir la, sans aucune habitations autour, en total liberté.

 

 

 

 

 

Par moment, certains sont même sur la piste, et notre chauffeur a beau klaxonner, rien y fait, il faut contourner ou alors insister un peu. Sur le moment, on se croirait un peu dans un autre monde, c’est tellement beau de voir toute cette nature sans barrières ! Même si la route est longue, on ne s’ennuie pas une seule seconde car entre les paysages et les animaux, c’est le top!

 

 

 

 

 

 

Nous arrivons au camps de yourte Alag Tsar, ce dernier est un petit paradis (il fit partie de nos hébergements préférés). Il se compose d’une trentaine de yourte au bord des eaux cristallines du lac Khövsgöl entouré derrière par la forêt. Quelle bouffée d’oxygène de se retrouver ici après tout ce long voyage ! On ne sait plus trop de quel coté regarder tant le paysage est féérique. Des membres de la famille arrivent pour nous accueillir et pour porter nos bagages sur une genre de charrette jusqu’à nos yourtes. Après quelques mètres, nous découvrons enfin la première yourte dans laquelle nous allons dormir tout les deux : cette dernière se compose de deux lits simples séparés, un de chaque coté de la yourte et d’un poêle entre les deux. Nous avons bien l’électricité, cependant il n’y a pas de prise, on nous apprend que pour charger nos appareils électronique ça sera au restaurant lors du diner (et bien entendu, il n’y a aucune connexion wifi).

 

 

 

 

Nous passons la suite de l’après-midi à découvrir les alentours du camps par nous même. Nous décidons de monter sur la colline derrière les yourtes afin d’avoir une jolie vue sur le lac puis nous partons explorer la foret et la nous tombons sur un endroit ou du haut de la colline nous pouvons apercevoir l’eau bleu du lac entre les arbres, c’est à tomber ! En face, les montagnes de plus de 2000m apparaissent, bienvenue dans le Khövsgöl !

 

 

 

 

On se pose et on contemple cette nature si belle ou le calme règne en maitre! On se sent vraiment privilégiés de se retrouver dans un tel lieu.

 

 

 

 

 

 

Nous terminons la journée avec une douche chaude, un bon repas en mode self au restaurant ou au passage nous chargeons nos portables (un conseil, toujours prendre une multiprise, ça évite de faire la queue pour charger son téléphone), puis nous partons nous coucher car le lendemain un genre de bivouac à cheval de deux jours nous attend avec des éleveurs du coin. Sauf qu’au moment de partir se coucher une très belle surprise nous attend…

 

 

 

 

 

 

Sans aucun doute, le plus beau coucher de soleil de notre vie jusqu’à présent! Au moment de dormir, un membre de la famille vient allumer le feu dans le poêle de notre yourte (bonne idée, car on sent que la température se rafraichi et pas qu’un peu). Notre guide nous demande si nous sommes intéressés pour que cette dame repasse le lendemain matin à 6h afin de rallumer le feu, qui se sera d’ici là éteint. Bien sur, nous acceptons. Il nous suffira juste de ne pas fermer la porte de la yourte avec le verrou. Pour cette première nuit, nous ne tardons pas nous endormir et qu’est ce qu’on a bien dormi !

 

 

 

Mercredi 5 juillet 2017

 

Ce matin, nous nous réveillons tranquillement vers 8h et notre rendez-vous de départ pour monter à cheval est à 10h à l’entrée du camps. Au passage, nous avons tellement bien dormi, que nous n’avons même pas entendu la personne venue à 6h nous remettre le feu. Ce qui est vraiment agréable c’est que pour le coup on se réveil avec de la chaleur non loin alors que dehors la température reste très fraiche.

 

 

 

Une fois habillés, nous nous dirigeons vers le restaurant ou nous attendent Khuyga et Khana pour petit déjeuner. On découvre le jus de cerises (on en boit beaucoup en Mongolie et c’est très bon) mais également du lait de yak. Lors de la première gorgée, Joh fait une tête bizarre mais bon on s’habitue vite au coté un peu fort. Nous avons également à disposition un genre pain avec de la confiture et un style de Nutella, des œufs des gâteaux secs (que les mongols appellent beignet et qui sont très bons) etc.

 

 

Le ventre rempli, nous partons préparer nos sacs à dos pour deux jours puis nous mettons le reste de nos affaires dans le van qui ne bougera pas du camps avec notre chauffeur. Khuyga nous présente par la suite l’éleveur avec lequel nos allons partir en balade, il se nomme Djara, un monsieur de petite taille, très souriant qui semble être un bon vivant. Djara est accompagné d’un autre éleveur, qui cette fois ci est beaucoup plus timide et renfermé (nous ne nous souvenons plus de son prénom). Ce dernier nous observe beaucoup et ne lâche pas un sourire. Sur le coup on se demande un peu si il est content d’être là, puis notre guide nous dira que ce monsieur a son coté sauvage et que peut être au fil des deux jours nous réussirons à l’apprivoiser. L’avenir nous le dira !

 

 

 

 

Pour cette balade, nous serons en plus accompagnés des deux yaks (en réalité ce ne sont pas des yak mais des dries, croisement entre yak et vache, ils sont plus gros que les yaks). Ces derniers traineront tout le long une charrette avec la yourte démontée que nous monterons avec les éleveurs des notre arrivée , ainsi que la nourriture, le matériel logistique et nos sacs à dos. Arrive enfin le moment de monter à cheval. Djara nous attribue à tour de rôle nos montures. Le cheval mongol est beaucoup plus petit que celui français mais il est cependant extrêmement résistant. En général, il est assez craintif et n’accepte pas les caresses. Notre guide nous explique également qu’ils sont semi sauvages car ils sont à peine débourrés (sur le coup on se dit : ok, il va falloir s’accrocher! Ça risque d’être sport!). Au moment de monter, Joh demande le nom du sien, et elle apprendra qu’en Mongolie on ne donne pas de nom au chevaux, ces derniers sont appelés par leur couleur. Joh ayant un cheval de couleur marron par conséquent il s’appelle « Khir »  (donc tout les chevaux de couleurs marron s’appellent ainsi ^^).

 

 

Il y a 7km qui nous séparent du point d’arrivée, c’est une balade de 2h, histoire de commencer tout doux. Au cours de ces deux heures nous ne faisons que du pas car Khuyga veut voir si nous sommes à l’aise sur nos chevaux avant de tenter le trot et le galop. Le paysage autour de nous est grandiose et avec ce soleil qui cogne de plus en plus fort c’est top! De temps à autre nous faisons des pauses pour boire et nous pauser un peu dans l’herbe. On se sent hyper bien et surtout libre de se retrouver dans un tel nature sur nos montures.

 

 

 

A la mi journée, nous arrivons a destination sur une autre partie du lac qui se situe derrière la foret dans laquelle nous étions la veille et là c’est un grand waou d’émerveillement que nous poussons en arrivant. Avec ce soleil, l’eau est d’un bleu à tomber et avec les montagnes en fond c’est grandiose! L’éleveur qui ne parle pas arrive de son coté par cette foret avec les yak (surement pour profiter de l’ombre avec les animaux en plein effort de tirage de charrette).

 

 

 

 

 

Nous commençons d’entrée par monter la yourte avec les deux éleveurs et on peut dire une chose : c’est assez sportif ! Et ce qui nous surprend, c’est qu’il font ça en à peine une demi-heure (on voit ici à quel point ils ont l’habitude). Bien sur, nous mettons la main à la patte avec eux et notre guide nous demande à tout les deux de nous placer au cours du montage, entre les deux poteaux piliers de la yourte. Il faut savoir qu’une fois la yourte montée, il est interdit de passer entre ces deux poteaux car ces derniers assurent la stabilité du foyer et il est très mal vu pour les mongols de traverser à cet endroit. Cependant, lors du montage, notre guide nous explique qu’il faut, pour les jeunes couples, les tenir en se mettant au centre car cela porterait bonheur dans la vie amoureuse. Nous nous sommes donc prêtés à cette tradition 🙂

 

 

 

 

 

 

 

Une fois la yourte montée, nous en profitons pour déjeuner sur la table de pic-nique non loin du lac, le cadre est parfait! Au loin, nous pouvons d’ailleurs apercevoir une autre yourte avec tout un tas d’animaux autour : une famille nomade vivant en ce lieu et à part elle, nous sommes seuls au monde. Au cours du repas, Djara nous propose de repartir en balade à cheval l’après-midi mais cette fois ci à travers la foret (ce qui n’était pas prévu à la base). Il nous annonce qu’il connait une famille nomade, éleveur de rennes qui y vit, et qu’ils sont arrivés depuis quelques jours car les pâturages y sont plus vert pour leurs bêtes. Il souhaiterait que nous les rencontrions. Nous acceptons avec grand plaisir, nous ne nous attendions pas à rencontrer d’entrée une famille nomade et nous sommes encore plus honorés lorsque l’on apprend qu’il s’agit en réalité d’une famille Tsaatan.

 

 

Les Tsaatan sont un peuple nomade vivant à l’extrémité nord du pays, dans la taïga, à la frontière de la Sibérie. Ces derniers sont éleveurs de rennes et vivent dans des tipis. L’été, il descendent souvent sur les berges du lac Khövsgöl car l’herbe est plus abondante pour leurs troupeaux. Si tu souhaites en savoir plus sur ce peuple nomade, n’hésite pas à regarder le Rendez-vous en terre inconnu avec Virginie Effira (nous avons adoré cet épisode!). Comme on disait dans notre première article, la Mongolie est le pays de l’imprévu, et cet imprévu là, était une excellente surprise! Nous avons eu beaucoup de chance d’être arrivés au moment ou cette famille était présente car rencontrer le peuple tsaatan ne faisait absolument pas parti du programme de ce voyage.

 

 

C’est donc en milieu d’après-midi, aux alentours de 15h, que nous partons à cheval avec Djara et Khuyga rencontrer cette famille. Nous entrons dans la foret ou nous marchons au pas pendant facile 1h (heureusement que notre éleveur connait le chemin car nous aurions été incapable de nous retrouver tant les sentiers se ressemblent tous. La foret est tellement danse que par moment on ne sait même plus de quel coté se situe le lac). Arrive le moment ou il nous demande de mettre pied à terre. Ce dernier attache nos chevaux autour d’un arbre et nous voilà partis à pieds en direction d’une clairière qui donne sur le lac. C’est assez dingue! Sortir de cette foret et se retrouver là, petit coin de paradis, perdu au milieu de nul part entouré par tout ces arbres, juste magique! Dans un coin, nous apercevons un tipi, quelques enfants qui nous regardent arriver ainsi qu’un petit groupe de rennes qui se détend en toute liberté sous un arbre. Il n’y a personne d’autres, nous sommes seuls, et on peut dire une chose : on se sent vraiment privilégiés d’être ici.

 

 

 

 

Terrain de jeu des enfants

 

Nous sommes accueilli par une dame, la mère de famille, qui nous invite à entrer sous le tipi. Une fois à l’intérieur, nous nous asseyons en cercle et une chose nous surprend d’entrée : il n’y a pas de lit! On commence alors à se demander mais ou dorment ils? Par terre? En réalité oui, ils dorment par terre sur des peaux de rennes. L’endroit est relativement petit mais chaque chose est à sa place. En hauteur, on apercevra de la viande de renne qui sèche, sur le coté droit de l’entrée : le matériel pour préparer à manger, coté gauche : une bouteille en plastique coupée en deux avec à l’intérieur quelques brosses à dent. Une chose nous faire sourire : le petit téléphone portable avec écran noir et blanc ancienne génération accroché avec du scotch sur un des troncs d’arbre du tipi. La question qui nous vient : « Mais ça capte ici? ». On apprendra que oui, mais que le téléphone ne doit pas bouger de l’endroit en question sous peine de coupure de réseau.

 

 

La mère de famille, nous offre de quoi manger en guise de bienvenue et nous avons le droit à des petits bouts de fromages séchés. C’est assez particulier, nous les mangeons par politesse mais en réalité nous ne trouvons pas ça très bon. C’est très dure et très salé, un peu écœurant pour nous. Il faut savoir que ce que les mongols vous offre sous leurs toits correspond à leurs biens les plus précieux et il est très mal vue par la famille de refuser. On apprendra que cette dame est arrivée ici avec ses enfants il y a peu car les pâturages sont en meilleur état pour les quelques rennes présents. Le reste du troupeau et son marie arriveront d’ici quelques jours, et se trouvent pour le moment toujours dans l’extrême nord du pays. C’est assez hallucinant.

 

 

Nous restons scotchés en contemplant l’intérieur du tipi et c’est dans ce genre de moment que clairement tu prends conscience de plein de choses : nous, petits européens que nous sommes, vivons dans un confort à n’en plus finir, sommes toujours entrain de nous plaindre pour un oui pour un non, toujours très individualistes, alors qu’ici : ces gens ont 3 fois rien pour vivre, ils t’accueillent avec le cœur sur la main, t’offrent de quoi te nourrir, dorment à même le sol dans des conditions climatiques parfois extrêmes… On a l’impression ici de vivre dans deux mondes radicalement opposés et pourtant nous vivons bien sur la même planète au 21ème siècles. On peut te dire que quand on voit tout ça on fini par relativiser sur plein de choses. Nous partons par la suite explorer à pieds les alentours du tipi. Ici pas besoin de mots, les photos ci-dessous parlent d’elles mêmes 🙂

 

 

 

 

 

Nous repartons après une bonne heure en sens inverse, après une jolie photo de groupe en guise de souvenir. Alors avant de s’engouffrer dans la foret pour retrouver nos chevaux, on lance un dernier regard à cette clairière et à cette famille qui nous salue au loin de son tipi. On ne les reverra certainement jamais mais une chose est sur, nous sommes honorés d’avoir eu le privilège de les rencontrer et d’avoir, l’espace d’un instant, partager un petit bout de leur vie.

 

 

 

 

Le retour à cheval s’effectue par le même chemin qu’à l’allée, nous sommes pas mal dans nos pensées, par moment on se demande si tout ce que nous sommes entrain de vivre n’est pas un film (et nous ne sommes qu’au début du voyage). En sortant de la foret, nous croisons un troupeau de vaches avec un taureau non loin du lac, toujours en total liberté. Arrivés à la yourte, Khuyga commence à préparer à manger puis nous nous installons pour diner avec les éleveurs en extérieur sur la table de pic-nique. Celui qui ne parle jamais, est toujours aussi silencieux mais de temps à autre, il commence à nous adresser des petites sourires discrets. Ce repas fut sans aucun doute le plus comique de tout le voyage, pour savoir pourquoi, regarde cette courte vidéo ci-dessous 😛

 

 

Alors, oui, ce type d’évènement peut arriver car ici les animaux n’ont pas de barrières, on aura bien rigolé ! 😛 Par la suite, une fois la vaisselle faite. Alors oui comment faire la vaisselle en Mongolie? Et bien, on va chercher de l’eau dans le lac (ou la rivière) on l’a fait chauffer et on lave ainsi le tout dans une bassine. Étant donné que les lacs, rivières etc sont sacrés, il est formellement interdit d’y laver quoique ce soi ou de se laver soi même avec du savon. Cependant, se baigner simplement est autorisé. C’est donc de ce pas que nous partons en direction du lac pour piquer une tête dans les eaux froides du Khovsgol, à défaut d’avoir une douche, cela nous rafraichira après cette journée sous le soleil. On profite à ce moment là d’un très beau couché de soleil, le top! On croirait rêver!

 

 

 

Nous concluons cette journée par une soirée papotage autour d’un feu, dehors,  avant d’aller nous coucher vers 23h30. Le ciel est à ce moment là rempli d’étoiles, la journée du lendemain s’annonce à nouveau bien belle 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi 6 juillet 2017

 

Ce matin, réveil vers 7h! Nous avons dormi sous la yourte sur des lits de camp pliables dans des duvets double épaisseur. Les éleveurs quant à eux ont dormi à coté sous une tente. Alors autant Max à très bien dormi, autant Joh a eu l’impression de s’être métamorphosée en glaçon! Les températures ont chuté cette nuit là et notre guide nous apprendra que nous avons tourné autour des 5°C… N’ayant aucun feu sous la yourte, c’était un peu dur. Joh a pourtant dormi avec une thermique et son sweat à capuche mais même ainsi, le froid était présent. Au cours de la nuit, elle a de plus eu la visite d’un petit insecte qui est venu se mettre dans sa capuche (on ne sera jamais de quel insecte il s’agissait) puis est venu le moment, vers 4h du matin ou elle a eu envie d’aller au toilette. Soyons claire, les toilettes ici c’est la nature, donc il faut marcher un peu histoire de se cacher derrière un arbre pour faire pipi tranquille. Le problème est qu’à ce moment là, Joh a entendu des pas d’animaux juste derrière la yourte, du coté ou elle dormait, sans oublier les grognements qui vont avec… Le genre de truc qui te fait clairement réfléchir à deux fois avant de sortir et qui te coupe vraiment l’envie d’y aller, surtout quand tu sais qu’en Mongolie, il y a pas mal de loups qui rodent, sans oublier également le taureau de la fin de journée. Conclusion : Joh n’a pas été pisser, et s’est retenue toute la fin de la nuit (autant dire qu’elle n’a pas beaucoup dormi) 😛 Khuyga nous apprendra qu’en effet, nous avons eu au cours de la nuit la visite des yak voisins appartenant à la seule yourte du coin (qui se trouve à environ 500m). Ils sont venus rendre visites aux 2 yak des éleveurs qui nous accompagnent et on retrouvera tout un tas de crottin autour de notre yourte, leur balade nocturne a du être sympa 😛

 

 

Après avoir démonté la yourte et pris un bon petit déjeuner, nous repartons sur nos montures direction le camps de yourte Alag Tsar ou nous avions dormir l’avant veille. Le soleil tape très fort mais nous préférons garder nos sweat car beaucoup de moustiques et de mouches. La balade dure environ 2h et nous tentons notre premier galop, une vrai réussite ! Qu’il est bon de partir à fond à travers ces immenses paysages. Nous sommes fans! Nos chevaux sont de plus assez cool, ils ne partent pas comme des fous, on prend un grand plaisir à cette vitesse. Avant d’arriver aux yourtes, une très belle vue sur le lac s’offre à nous, c’est juste waou!

 

 

 

 

Après avoir déjeuné au restaurant du camp, nous en profitons pour aller nous poser le long du lac sur les galets pour au passage nous baigner. L’eau est toujours aussi fraiches mais avec cette chaleur, ça fait un bien fou.

 

 

Nous décidons par la suite de louer un petit bateau afin de faire une balade sur le lac. Nous payons à nous 4 environ 100 000 turgrik (35€) autant dire que ce n’est rien. Le capitaine,un homme qui ne décrochera pas un mot,  nous emmène sur la rive d’en face, dans une petite crique à l’écart de toutes yourtes ou l’eau est d’un bleu assez dingue ! Par endroit on en voit le fond. On était vraiment à mille lieux de s’imaginer trouver ce type de décors en Mongolie et pourtant…!

 

 

 

 

 

 

Une fois pied à terre, nous sommes envahis par les mouches, et par moment, c’est plus qu’insupportable. Notre guide nous demande alors de récolter 9 galets présents au bord de l’eau. Sur le coup on se demande un peu ce qu’on va faire avec. Nous partons par la suite pour une balade en foret ou ça grimpe et une fois arrivés au sommet de la colline nous avons le droit à un magnifique paysage mais une chose attire particulièrement notre attention : l’Ovoo !

 

 

Qu’est ce qu’un Ovoo ?

C’est une genre de pyramide de pierre qui permet de faire le lien avec le ciel et qui est la résidence des esprits. Chaque année, en général à la fin de l’été, les mongols y déposent des rubans religieux de toutes les couleurs, font des offrandes avec du lait ou de la nourriture et un chaman vient y faire une danse traditionnelle. Normalement, lorsque l’on croise un Ovoo sur sa route, il convient de s’arrêter, de faire trois fois le tour et d’y déposer des pierres en faisant un vœu. 

 

 

Nous nous prêtons à l’exercice et comprenons tout de suite que pour les mongols, ce rituel est important. On sent vraiment que notre guide et le capitaine sont très concentrés. Maintenant plus qu’à attendre que ce vœu se réalise. Nous repartons en direction du bateau ou les mouches sont toujours aussi présentes… On a qu’une hâte, arriver au camp pour échapper à tout ces bourdonnements.

 

 

 

 

Après le diner, nous terminons cette magnifique journée au bord du lac avec la famille mongole qui tient le camp de yourte autour d’un grand feu au clair de lune. Démonstration de Morin Khuur (violon mongol), limbo, danse, musique, quelle ambiance! Cette soirée nous ne sommes pas prêt de l’oublier. Se retrouver là, tous ensemble, avec tout les autres voyageurs présents au camps ce soir là, c’était vraiment super. Malgré la barrière de la langue, chacun rigolait, dansait, chantait et cela jusqu’à 00h. Nous nous sommes vraiment rendus compte, qu’il ne faut en réalité pas grand chose pour être heureux : la nature, un feu, une présence humaine chaleureuse et le tour est joué. Qu’il était bon de voir tout ces enfants s’amuser sans être scotchés à leurs tablettes électroniques, de voir les adultes rigoler entre eux alors que chacun parle une langue différente. Nous avons eu l’impression par moment de retomber au temps ou la tv et internet n’existaientt pas. Profiter de cette nature tous ensemble, à nos yeux, c’est un peu ça la vrai vie!

 

 

 

 

C’est sur cette note que se termine notre aventure dans le Khövsgöl car après une dernière nuit sous la yourte au camp d’Alag Tsar, nous avons repris la route en direction cette fois de la province Arkhangai en Mongolie centrale. Nous avons ici pris une véritable claque, tant par les paysages qui nous ont totalement scotchés mais également par ces couchers de soleil. Le Khövsgöl reste jusqu’à ce jour, l’endroit ou nous avons vu le plus beau coucher de soleil de notre vie. C’est ici que nous avons eu nos premiers échanges avec le peuple mongol et autant dire que ces moments furent magique en tout point. Le Khövsgöl  restera à nos yeux un des gros points fort de ce voyage en Mongolie, nous avons eu un énorme coup de cœur pour cet endroit.

 

 

Quelques infos sur le camp de yourtes d’Alag Tsar :

 

Électricité  sous les yourtes ? Oui

Prises sous les yourtes ? Pas dans toutes les yourtes

Wifi ? Non

Réseau téléphonique ? Par endroit

Restaurant ? Oui

Bar? Oui

PriseS disponibles au restaurant ? Oui et en illimité (mais pense à ramener une multiprise)

Douche ? Oui et chaude

Toilettes et lavabos ? Oui

Activités ? Équitation , basket, balade en bateau, tir à l’arc, ping-pong, balades à pied

 

 

Le Khövsgöl sur une carte :

Autres articles à découvrir :

Laisser un commentaire